Booming Africa : le temps de l’Afrique Digitale

Booming Africa : le temps de l’Afrique Digitale

Bruno Mettling, auteur de Booming Africa : le temps de l’Afrique Digitale, est le président d’Orange Middle East & Africa. Il a été directeur général adjoint du groupe Orange, en charge des Ressources humaines. Il est également l’auteur du rapport sur la « Transformation numérique et vie au travail » (remis au gouvernement en 2015).

De quoi traite cet ouvrage ?

Divisé en huit thématiques, “Booming Africa : le temps de l’Afrique Digitale” aborde le sujet du développement de l’Afrique subsaharienne grâce au numérique. Chaque thématique étudiée représente un enjeu nécessaire au développement et à la croissance économique.

Les huit thématiques sont les suivantes :

  • L’éducation pour tous.
  • La santé accessible.
  • L’énergie de demain, propre, répartie, accessible.
  • Un nouveau modèle agricole.
  • L’inclusion financière, la révolution du mobile Banking.
  • L’inclusion économique.
  • Une administration moderne : l’e-gouvernement.
  • La ville intelligente.

Quelle vision de l’Afrique selon l’auteur ?

Dans son ouvrage, Bruno Mettling partage un avis optimiste concernant le développement de l’Afrique. Selon lui, le numérique doit être au cœur du modèle économique car il permettrait de compenser le manque d’infrastructure physique. Les dirigeants doivent réinventer les politiques publiques des différents pays en y intégrant du numérique.

Clés facteurs de développement :

 Aujourd’hui l’Afrique concentre de nombreux facteurs permettant le développement via le numérique :

  Une population jeune, selon l’auteur 40% de la population africaine a aujourd’hui moins de 14 ans. 1 Africain sur 5 a entre 15 et 24 ans. Cette population jeune devient un atout si elle est formée et éduquée. Peu coûteuse et rapide l’e-éducation est une solution car elle permet d’envisager l’éducation massive de la jeunesse.

– La possession de la plus grande réserve mondiale de terres arables. En effet, 75% des terres arables en Afrique Subsaharienne sont inutilisées. Cela entraîne une sous-production or les besoins de la population sont immenses. Avec l’utilisation du numérique, les immenses terres arables du continent deviendront une opportunité. Les agriculteurs pourront accéder à des techniques modernes pour les cultiver. Les nouvelles technologies comme les capteurs météorologiques et d’analyse des sols, les relevés de données par drône l’exploitation du big data ouvrent la voie à une agriculture plus productive. Ainsi, dans ce secteur le numérique permettra d’améliorer les pratiques de travail et les résultats pour développer demain une agriculture performante capable de nourrir le continent.

Le téléphone mobile, l’outil roi de la communication :

  Le téléphone mobile est intégré dans le quotidien des Africains. C’est devenu l’outil roi de la communication, une interface essentielle au quotidien. Selon l’association Groupe Sprécial Mobil (GSMA), fin de 2018, l’Afrique subsaharienne comptait 456 millions d’abonnés mobiles uniques. Soit une augmentation de 20 millions par rapport à l’année précédente. L’Afrique subsaharienne, qui était jusqu’alors à la traîne pour le taux de bancarisation, possède déjà une plus grande part de comptes digitaux que dans la moyenne mondiale. 12% de ses adultes ont un compte bancaire par téléphonie mobile, alors que la part n’est que de 2% à l’échelle mondiale.

 Le croisement du mobile, accessible à l’ensemble de la population, et des applications développées par des acteurs, notamment des start-up, permettent de rendre des services et d’améliorer considérablement le quotidien des femmes et des hommes.

D’une Afrique en manque d’infrastructure vers une Smart city ?

Selon l’auteur, l’absence d’infrastructures urbaines et les exemples des échecs européens sont une opportunité pour l’Afrique de construire des nouveaux modèles urbains. 

En mettant le numérique au coeur d’un nouveau modèle économique, l’Afrique peut tirer partie de son retard et construire à partir de zéro une ville inclusive et durable. Une ville d’excellence dans les principaux domaines : l’efficacité énergétique, les transports, la mobilité durable, la télécommunication. Dans plusieurs villes sont annoncées de nouvelles extensions urbaines intelligentes à la périphérie de grandes agglomérations.

  • Au Kenya, la construction de la ville technologique de Konza a été lancée en 2013. L’objectif est de créer une “Silicon Valley africaine”. Cette ville devrait accueillir un campus universitaire de 1500 étudiants, des immeubles construits sur un modèle écologique, des bureaux pour des start-up et des entreprises tech, un parc technologique industriel, des hôtels et des zones résidentielles.
  • Au Rwanda, le projet de Kigali Innovation City, autre ville numérique, va dans le même sens : l’objectif est de constituer un pôle numérique  régional et permettre le développement du pays. 
  • Au Sénégal, le projet Diamniadio situé à 30KM de Dakar, doit devenir la Smart City du Sénégal.

Mon avis :

A l’heure où l’usage du téléphone mobile est un moyen de divertissement chez les occidentaux, on comprend qu’il  s’agit d’un outil essentiel en Afrique Subsaharienne. Le téléphone mobile désormais intégré dans la vie des populations africaines. Il permet d’éduquer, de soigner à distance, l’inclusion financière,  et bien d’autres fonctionnalités. Les applications développées par les start-up permettent d’améliorer considérablement le quotidien des femmes et des hommes.

Cependant aborder le terme  de “Smart-city” est encore trop tôt. Les dirigeants africains  doivent se focaliser sur les problématiques majeurs : de santé, d’agriculture, d’inclusion financière avant d’évoquer les smart city.

 

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Sources : https://www.gsma.com/mobilefordevelopment/resources/75851/