L’IA dans les Relations Presse : Révolution ou simple outil ?

À l’heure où l’intelligence artificielle bouscule tous les métiers de la communication, j’ai demandé l’avis de Laurence Desmousseaux, fondatrice d’une agence de relations presse, pour comprendre comment l’IA transforme concrètement le quotidien des communicants.

Question 1 : « Bonjour Laurence. On entend beaucoup dire que l’IA va remplacer le travail des attachés de presse. Quel est votre avis sur la question ? »

Laurence Desmousseaux : « Bonjour ! Je pense qu’il faut sortir de cette vision binaire. L’IA n’est pas là pour remplacer l’humain, mais pour augmenter nos capacités. Dans mon agence, nous utilisons l’IA pour tout ce qui est chronophage : veille média, structuration de bases de données ou aide à la rédaction de premières ébauches. Cela nous libère un temps précieux pour ce qui fait la valeur réelle des RP : la stratégie, la compréhension fine des enjeux clients et la qualité de la relation avec les journalistes. »

Question 2 : « Quels sont, selon vous, les risques à éviter dans cette transition ? »

Laurence Desmousseaux : « Le risque principal, c’est la perte de singularité. Si tout le monde utilise les mêmes prompts pour rédiger des communiqués, on finit par uniformiser les messages, ce qui est l’opposé de ce qu’on recherche en RP. Il ne faut jamais oublier que le « fond » et l’angle éditorial doivent rester ancrés dans la vision humaine et la sensibilité propre à chaque marque. L’IA propose, mais c’est l’attaché de presse qui dispose, vérifie et personnalise. »

Question 3 : « Quel conseil donneriez-vous aux étudiants en communication qui se préparent à entrer sur le marché ? »

Laurence Desmousseaux : « Appropriez-vous ces outils dès maintenant. N’ayez pas peur de tester, d’échouer et d’affiner vos usages. La compétence de demain, ce ne sera pas de savoir « utiliser l’IA », mais de savoir articuler une stratégie cohérente tout en sachant déléguer l’exécution technique à la machine. Gardez toujours votre esprit critique en éveil : la technologie est un levier, mais la valeur ajoutée restera toujours votre capacité à créer des connexions authentiques. »

Je remercie Laurence Desmousseaux pour cet échange qui nous rappelle que, malgré l’essor des technologies, l’humain reste le cœur battant de nos métiers.