IA contre IA : dans les coulisses de la cyberdéfense
Phishing, fraude au président, attaques accélérées par les LLM… Fabien Maréchal, responsable du CyberSOC de FDJ United, raconte comment l’IA est devenue à la fois le bouclier et l’arme.
La cybersécurité est devenue un enjeu vital pour les grandes entreprises, et plus encore pour un acteur comme FDJ United, qui manipule chaque jour des données sensibles et des flux financiers. Mais comment protège-t-on concrètement une telle organisation ? Et qu’est-ce que l’intelligence artificielle change vraiment dans ce combat ?
Pour répondre, j’ai interrogé Fabien Maréchal, responsable du CyberSOC groupe de FDJ United. En trois questions, il revient sur les coulisses de la cyberdéfense : la formation des collaborateurs face au phishing, l’usage de l’IA pour détecter les fraudes, et les nouvelles menaces qui émergent. Le fil rouge de l’échange est clair : l’IA est aujourd’hui à la fois le meilleur allié des défenseurs et l’arme la plus redoutable des attaquants.
Au fil de ses réponses, Fabien Maréchal rappelle d’abord que le premier rempart reste l’humain : pour entraîner les équipes, ses services lancent régulièrement de fausses campagnes de phishing, avec des scénarios « assez crédibles pour que les utilisateurs aillent jusqu’à saisir leurs identifiants ».
Il montre ensuite comment l’IA aide déjà à détecter les fraudes une récente tentative de « fraude au président » a ainsi été bloquée grâce à un outil capable de repérer des noms de domaine suspects. Enfin, il alerte sur le revers de la médaille : côté attaquants, l’IA est surtout un accélérateur.
Des attaques qui mettaient « plusieurs dizaines de jours » à se propager se déploient désormais « de l’ordre de l’heure, parfois de la minute », et le phishing devient bien plus difficile à repérer.
Ce que montre Fabien Maréchal, c’est que la cybersécurité n’est plus une affaire de simples pare-feu, mais une course de vitesse. La même technologie arme les deux camps : tout se jouera donc sur la capacité à aller aussi vite que les attaquants et sur la vigilance de chacun, qui reste, plus que jamais, la première ligne de défense.