Citroën sur la banquise : Quand le marketing automobile s’enfonce dans le déni climatique
Si vous suivez l’actualité des marques, vous n’avez pas pu louper la dernière pub de Citroën pour son SUV C3 Aircross. On y voit des pingouins sur la banquise qui refusent de monter dans la voiture parce qu’elle n’est pas électrique. Réponse de la marque : « Désolé les pingouins, il est thermique ».
Cette campagne a immédiatement enflammé les réseaux sociaux. En la regardant, je me suis posé une question : cette publicité n’est-elle pas le symbole d’un marketing complètement déconnecté de notre époque ?
Rire du problème pour éviter de le changer
L’intention de Citroën est claire : utiliser le second degré pour désamorcer les critiques sur la pollution des SUV. En gros : « On sait que ça pollue, mais rions-en ! »
Pour moi, c’est là que ça coince. Utiliser la banquise, le symbole même du réchauffement climatique, pour faire une blague afin de vendre une voiture essence ou diesel, ce n’est pas de l’audace. C’est du cynisme. Alors que notre génération souffre d’éco-anxiété, ce message dit : « Continuons à polluer avec le sourire ».
Le piège du buzz à tout prix
Sur le web, on dit souvent qu’une bonne campagne doit faire du bruit. Mission réussie pour Citroën : tout le monde en parle.
Mais à quel prix ? En se moquant ouvertement de l’écologie, la marque crée un clivage toxique. Le rôle du marketing digital est-il vraiment de diviser les gens pour vendre des produits ? Je ne pense pas. Faire des millions de vues ne sert à rien si on détruit définitivement son capital sympathie auprès des consommateurs de demain.
Conclusion
La pub a toujours eu le droit de provoquer. Mais aujourd’hui, le rôle des créatifs n’est plus de trouver des blagues pour masquer l’impact carbone d’un produit. Il est temps de proposer des récits qui tirent la société vers le haut, pas vers le déni.
Linkedin : www.linkedin.com/in/julia-rosset
Note méthodologique : https://docs.google.com/document/d/1UALmAwlfl9jW_64Toed1LiInM95hiSSM_tgqbDnihZk/edit?usp=sharing