Entretien avec Philippine

Communicante auprès de Skippers professionnels

La gen Z : un tourisme 2.0

1 – Tu as consacré ton année de césure à la communication d’Éric Bellion lors de sa préparation au Vendée Globe. Aujourd’hui, tu es en alternance aux côtés de Nicolas d’Estais. Comment en es-tu arrivée à travailler dans cet univers ?

Philippine : C’était une opportunité que je ne pouvais pas refuser. J’ai toujours été attirée par les environnements exigeants et porteurs de sens. La course au large, ce n’est pas seulement du sport, c’est un récit humain, une aventure.

Pendant mon année de césure avec Éric Bellion, j’ai découvert que derrière la performance sportive, il y avait un immense travail de narration et de stratégie digitale. Aujourd’hui, en alternance aux côtés de Nicolas d’Estais, je continue d’explorer ces enjeux à travers des partenariats.

2 – Justement, en quoi le digital est-il devenu central dans la course au large ?

Philippine : Aujourd’hui, un skipper n’est plus uniquement un sportif. Il est aussi une marque.
Les sponsors attendent de la visibilité, de l’engagement, une histoire à raconter. Le digital permet de créer ce lien direct entre le navigateur, les partenaires et le public.

Pendant une course comme le Vendée Globe, les contenus embarqués sont essentiels : vidéos, photos, messages audio… Tout doit être pensé en amont. Il faut anticiper les moments forts, les émotions, les difficultés.

3 – Comment fait-on pour maintenir une stratégie de communication quand le skipper est seul au milieu de l’océan ?

Philippine : Le travail en amont est crucial. On prépare une ligne éditoriale, des formats, des scénarios possibles.
Ensuite, on s’adapte à la réalité : la météo, les problèmes techniques, la fatigue.

Le digital, dans ce contexte, repose sur un équilibre entre planification et agilité. L’objectif est de raconter l’authenticité sans jamais la dénaturer.

4 – Tu travailles aujourd’hui aux côtés de Nicolas d’Estais. Est-ce que la communication est devenue aussi stratégique que la performance sportive ?

Philippine : Je dirais qu’elle est complémentaire. Un skipper peut être extrêmement performant, mais sans visibilité, il aura plus de difficultés à financer ses projets futurs.

La performance sportive nourrit le storytelling, et le storytelling renforce l’attractivité du sportif. Le digital est devenu un levier indispensable dans cet équilibre.

5 – Nicolas d’Estais est notamment soutenu par Café Joyeux. Comment le digital participe-t-il à la valorisation de ce partenariat ?

La gen Z : un tourisme 2.0

Philippine : Le sponsoring ne se limite plus à un logo sur une voile. Les partenaires attendent une activation digitale cohérente avec leur identité et leurs valeurs.

Avec Café Joyeux, il existe une dimension humaine et inclusive forte à raconter. Le digital permet de créer des ponts entre l’univers du skipper et l’engagement social de la marque. C’est un travail d’alignement entre performance sportive et récit de marque.

6 – Qu’est-ce que cette expérience t’a appris sur le digital ?

Philippine : Que le digital ne se résume pas à des outils ou à des plateformes.
C’est un amplificateur d’histoires. Dans un univers comme la course au large, il donne une dimension collective à une aventure fondamentalement solitaire.

CE QUE JE RETIENS DE CET ENTRETIEN

Cette rencontre montre que le digital dépasse largement le cadre des start-up ou des agences.
Il s’ancre aujourd’hui dans des environnements inattendus, comme la course au large, où performance sportive et stratégie de communication avancent désormais main dans la main.
À travers le parcours de Philippine, on comprend que le navigateur moderne n’est plus uniquement un compétiteur : il est aussi un narrateur, un ambassadeur et une marque à part entière.

 

Ma note méthodologique : ici