Salon du Cheval de Paris 2024 : un retour rythmé par la digitalisation

La gen Z : un tourisme 2.0

Un retour très attendu

Après quatre ans d’absence, le Salon du Cheval a signé son grand retour à Paris Expo Porte de Versailles du 6 au 8 décembre 2024. Trois jours intenses pour rassembler passionnés, professionnels, curieux et curieuses du monde équestre dans un format repensé, plus court, plus dynamique, et surtout… plus digital.

Organisé pour la première fois par VL Media, en partenariat avec la Fédération Française d’Équitation (FFE), l’événement a accueilli plus de 70 000 visiteurs, 500 chevaux, et près de 160 exposants sur 35 000 m². L’objectif : reconnecter un public fidèle à l’univers équin, tout en mettant en avant les nouvelles tendances du secteur, notamment autour de la tech et de la communication numérique.

Le Salon se voulait être une vitrine vivante de l’écosystème équestre : disciplines sportives, santé animale, innovations technologiques, recrutement, formation et engagement digital.

Une digitalisation assumée et maîtrisée

Cette édition 2024 a placé la digitalisation au cœur de l’expérience. Une application mobile a été mise à disposition des visiteurs pour planifier leur parcours, recevoir des notifications en temps réel, accéder au programme personnalisé et faciliter la navigation sur place.

Les conférences étaient diffusées en streaming, des tablettes interactives permettaient d’explorer les produits des marques, et un plateau TV a été installé pour capter en direct les échanges et les moments clés. Le salon a aussi intensément investi les réseaux sociaux, relayant chaque moment via Instagram, Facebook, TikTok et LinkedIn, avec la complicité d’une galerie d’influenceurs soigneusement sélectionnés.

Les influenceurs équestres à l’honneur

Un des temps forts de l’événement a été la table ronde consacrée à l’influence dans les sports équestres, animée par Kamel Boudra. Y participaient notamment :

  • Adèle de Risseau, cavalière et créatrice de contenu engagée,
  • Loren Lessieux, figure montante de l’équitation sur TikTok,
  • Sarah-Louisa Habi, influenceuse lifestyle et ambassadrice bien-être équin,
  • ainsi que Théo Brousseau et Ann Jacolin, représentant une nouvelle génération connectée.

Tous ont partagé leurs visions sur l’équilibre entre authenticité, engagement communautaire et partenariats avec les marques. Cilia Godard, de l’agence YOW, est également intervenue pour évoquer l’encadrement stratégique de ces collaborations.

Cette présence d’influenceurs a permis de mobiliser une audience jeune et engagée, contribuant à faire rayonner l’événement bien au-delà de la porte de Versailles.

L’innovation en selle

Du côté des exposants, plusieurs acteurs majeurs de la tech équestre ont marqué les esprits :

  • EquiSense, pionnier dans le suivi connecté de la performance du cheval, présentait ses capteurs intelligents.

  • HorsePilot, spécialiste des vêtements techniques intelligents, a proposé des démonstrations de ses textiles respirants et connectés.

  • Des startups moins connues, comme Hoofpad, montraient des solutions pour l’analyse biomécanique du sabot.

Un espace « Innovation » était aussi dédié aux applications mobiles de soins, au suivi nutritionnel intelligent et à l’apprentissage en réalité augmentée.

Des contenus riches, variés et engagés

Le programme a su combiner formations, démonstrations sportives et débats de fond. On retiendra notamment :

  • Les masterclasses avec les champions olympiques Grégory Cottard et Karim Laghouag, très suivies,

  • Les démonstrations spectaculaires de Garrocha, liberty dressage et barrel racing,

  • Les conférences santé équine autour du shiatsu, de la nutrition, de la prévention des maladies,

  • Le village des métiers, avec du coaching professionnel et du job dating,

  • Et bien sûr, la Nuit du Cheval, un spectacle époustouflant mêlant performance artistique, chevaux en liberté et acrobaties.

 

Des réussites… et quelques faux pas

Malgré ce retour très réussi, quelques critiques ont émergé parmi les visiteurs et exposants.

D’abord, la gestion de la crise sanitaire liée à la rhinopneumonie équine a suscité des interrogations. Certaines compétitions ont dû être annulées à la dernière minute, et des visiteurs ont pointé une communication peu réactive et trop discrète sur ce point.

Par ailleurs, si la digitalisation a été saluée, certains ont regretté un certain déséquilibre : une présence animale jugée en recul, au profit d’installations technologiques parfois trop orientées « vente » ou démonstration commerciale.

Enfin, quelques bugs techniques ont été signalés sur l’application mobile (notamment lors de la billetterie), preuve que la transition numérique du salon, bien que prometteuse, nécessite encore des ajustements.

Le Salon du Cheval de Paris 2024 a réussi son pari : proposer un événement moderne, dynamique et fédérateur, à la croisée des mondes équin et digital. Sa stratégie d’influence, son ouverture à l’innovation et la richesse de ses contenus ont largement séduit.

 

Pour autant, l’expérience a aussi révélé des points de vigilance importants : transparence dans la gestion de crise, équilibre entre le digital et la proximité animale, et consolidation de l’outil numérique.

Des défis qui, s’ils sont relevés, pourraient faire de l’édition 2025 une référence encore plus forte dans le monde équestre européen.