1 mois après le Visionary Day : ce qui m’a marqué

Un mois après la neuvième édition du Visionary Day organisée par l’EFAP, je réalise à quel point cette journée dédiée à l’intelligence artificielle a profondément nourri ma réflexion. Plus qu’un simple événement académique, ce rendez-vous s’est imposé comme un véritable laboratoire d’idées sur les usages, les impacts et les responsabilités liés à l’IA.

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Un événement pédagogique à grande échelle

Organisé au studio TV professionnel du boulevard Raspail, le Visionary Day a réuni plus de 400 étudiants connectés autour de Vincent Montet, fondateur et directeur du MBA Digital Business. L’objectif : proposer une journée immersive, pédagogique et interactive consacrée à l’intelligence artificielle.

La matinée a démarré sur un ton léger avec des blind tests musicaux (films et séries), avant d’entrer dans le vif du sujet : l’étude “Transavia”, présentée par Etienne Lecœur et Cornélia Findeisen. Cette étude analyse huit fonctions métier au sein des entreprises et met en lumière un constat clair : l’adoption de l’IA s’accélère, mais son niveau de maturité varie fortement selon les secteurs et les fonctions.

Certaines directions (marketing, data, innovation) avancent vite, quand d’autres (RH, juridique, secteur public) restent plus prudentes, souvent en raison de contraintes réglementaires ou culturelles.

L’IA en entreprise : entre enthousiasme et vigilance

Un des moments forts de la journée a été l’intervention de Cornélia Chitaizen, experte en ressources humaines et innovation collective. Elle a évoqué les défis spécifiques au secteur public : réglementation, souveraineté des données, cadre européen… autant d’éléments qui freinent parfois l’expérimentation.

Le point qui m’a le plus marqué : Encourager l’expérimentation et la transparence sur l’usage de l’IA dans les pratiques RH, tout en respectant les contraintes réglementaires et de souveraineté des données.

Cette idée d’équilibre me semble essentielle. Trop souvent, le débat se polarise entre deux extrêmes : l’enthousiasme technophile ou la méfiance radicale. Or, la maturité numérique repose justement sur la capacité à tester, mesurer, ajuster sans renoncer à l’éthique.

Les échanges avec les étudiants ont aussi révélé des préoccupations très concrètes :

  • La sécurité des données
  • Le remplacement potentiel du travail humain
  • La légitimité de l’usage de l’IA dans les études

Ces questions montrent que l’IA n’est plus un sujet théorique : elle s’invite déjà dans nos pratiques quotidiennes.

L’angle mort écologique de l’intelligence artificielle

Autre temps fort : les enjeux environnementaux et sociétaux de l’IA.

Florent Levavasseur (Utopie) et Claire Zanuso (Agence Française de Développement) ont rappelé une réalité souvent invisibilisée : l’IA consomme massivement des ressources. Aujourd’hui, elle représenterait entre 15 % et 50 % de la consommation électrique des data centers mondiaux. Derrière chaque requête, il y a une infrastructure matérielle énergivore et consommatrice d’eau.

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L’intervention de l’Agence Française de Développement a particulièrement retenu mon attention : investir dans des usages concrets et locaux de l’IA, au service du développement durable. Cela repositionne l’IA non pas comme une fin en soi, mais comme un outil au service d’un impact mesurable.

Une étudiante a posé une question très actuelle : comment concilier l’usage de l’IA dans nos études avec une démarche RSE ?

La réponse n’était pas culpabilisante mais responsabilisante : adopter des usages sobres, choisir les bons outils, limiter les requêtes inutiles. Des micro-actions qui, cumulées, peuvent avoir un effet réel.

Ma mise en perspective : entre opportunité et responsabilité

Un mois après, ce que je retiens surtout, c’est que l’IA n’est plus un “sujet d’innovation” parmi d’autres. Elle est devenue un enjeu systémique : économique, social, environnemental et démocratique.

En tant qu’étudiante en marketing digital, je vois évidemment le potentiel stratégique immense : automatisation, personnalisation, gain de productivité. Mais cette journée m’a aussi obligée à élargir ma vision.

L’IA ne doit pas être pensée uniquement en termes de performance, mais en termes de responsabilité.

Si je devais résumer en une phrase ce que le Visionary Day m’a appris :

L’avenir ne sera pas déterminé par ceux qui utilisent le plus l’IA, mais par ceux qui l’utilisent le plus consciemment.

Et c’est peut-être là le véritable défi de notre génération.