Depuis son rachat par Elon Musk, la plateforme Twitter est régulièrement sur le devant de la scène à propos de ses différents avec l’Union européenne. Et ces derniers sont nombreux ! 

Page de X sur le Google Store

Sur la protection des données, l’Union européenne demande l’application de règles strictes sur la collecte, le stockage et le traitement des données personnelles de ses citoyens dans le cadre du Règlement général sur la protection des données (RGPD). X, anciennement Twitter, doit s’y conformer comme l’ensemble des entreprises intervenant sur le territoire européen. Pourtant, des déclarations d’anciens salariés de Twitter pourraient mettre en difficulté l’ancien oiseau bleu. En France, la CNIL (commission nationale de l’informatique et des libertés) se penche depuis 2022 sur la question du traitement des données personnelles après la suppression d’un compte utilisateur. Et en janvier 2023, une précédente fuite de données due à une faille dans l’API de Twitter a conduit à la divulgation des informations confidentielles de près de la moitié des comptes utilisateurs Twitter.

Sur la diffusion de contenu illégal, les plateformes de réseaux sociaux sont tenues de lutter contre la diffusion de contenus incitant à la haine, faisant de la désinformation, etc. L’Union européenne applique des réglementations strictes sur le sujet et demande aux entreprises de mettre en place des mécanismes complets de détection, signalement, modération et suppression. Mais depuis le rachat de Twitter par Elon Musk, les questions liées à la modération de contenus sur le réseau sont devenues moins évidentes. La position d’Elon Musk sur la liberté de parole et les coupes budgétaires réalisées pour rendre la plateforme rentable ont donné lieu à une explosion des contenus violents, des comptes de désinformation mis en avant ou passant comme légitimes via l’achat du célèbre badge bleu devenu ouvert à tous, etc. 

Dans le cadre de la lutte contre la désinformation, la possibilité d’ajouter des notes de contexte à un message pour en préciser le biais n’est pas suffisant pour assurer une information vraie et juste sur la plateforme. En Australie, X, anciennement Twitter, vient même d’être condamné à une amende record pour une modération jugée insuffisante face à la prolifération de contenus d’agressions sexuelles sur mineurs. Et en toile de fond de cette condamnation, se trouve les décisions de licenciements en masse du nouveau patron de X : Elon Musk 

Enfin, depuis plusieurs mois, une nouvelle menace plane sur X, anciennement Twitter. En effet, depuis le 25 aout 2023, le Digital Service Act est entré en pleine vigueur au sein de l’Union européenne. Selon Thierrey Breton, commissaire européen au marché intérieur, son obtectif est le suivant : “Le fil conducteur du DSA est simple : ce qui est autorisé offline doit l’être online, ce qui est interdit offline doit l’être online. Que l’on parle de contrefaçon, d’antisémitisme, de pédopornographie, de menaces de mort ou de vente de drogues, tous les contenus illégaux doivent être retirés. Les contenus haineux, l’amplification de la violence verbale et physique, la désinformation doivent être identifiés comme tels et traités en conséquence. Tout ce qui est interdit dans l’espace public sera aussi interdit dans l’espace online”  

Et depuis de nombreux mois, ce DSA fait parler autour de X, anciennement Twitter, et son maintien dans l’Union européenne. Des menaces de la part d’Elon Musk de couper le réseau face à des demandes jugées infondées ou bien de la part du commissaire au marché intérieur pour forcer X à se conformer à la législation ont été nombreuses. Déjà, fin mai 2023, Elon Musk a fait sortir Twitter du code de bonnes pratiques de l’UE sur la désinformation, une série d’engagements volontaires lancée en 2018. Et alors que le DSA est pleinement en vigueur depuis à peine deux mois, X est déjà sous le coup d’une procédure par la Commission européenne pour vérifier sa bonne conformité au DSA dans sa lutte contre la désinformation depuis le déclenchement des violences entre le Hamas et Israël, le 7 octobre dernier. 

Et les utilisateurs français ne sont pas en reste. Ils ont lancé le 27 octobre dernier, une grève du réseau au nom de #NoTwitterDay, à la date anniversaire du rachat de la plateforme par Elon Musk. Entre ces initiatives et le recul des revenus publicitaires lié à l’absence de confiance des annonceurs, l’oiseau bleu devenu croix blanche sur fond noir fait face à de nombreux obstacles pour se maintenir sur le territoire européen.