Paris Photo 2025 : Comment le digital bouleverse-t-il le métier de photographe ?

Paris Photo 2025 : l’événement qui met le digital au centre
Du 13 au 16 novembre 2025, le Grand Palais Éphémère a accueilli la 28ᵉ édition de Paris Photo. 190 galeries, 30 000 visiteurs et un secteur Digital entièrement repensé. En tant qu’étudiant MBA DMB à l’EFAP, j’ai vu cet événement comme le miroir parfait des bouleversements actuels dans la photographie.
Le digital, un accélérateur de créativité jamais vu

Les smartphones récents comme l’iPhone 16 Pro ou le Pixel 9 offrent une qualité pro à tout le monde. Lightroom AI, Magic Editor ou Clean Up suppriment les retouches interminables. Les photographes gagnent un temps fou et peuvent enfin se concentrer sur l’idée et la narration. Beaucoup d’artistes exposés mélangeaient prise de vue réelle et génération IA pour créer des mondes inédits.
De nouveaux modèles économiques qui explosent
Le digital a ouvert des portes que les photographes n’auraient jamais imaginées il y a cinq ans. Certains vendent leurs séries en NFT et touchent plusieurs milliers d’euros en une seule transaction. D’autres construisent des communautés sur Patreon ou Substack et vivent de contenus exclusifs chaque mois. Des artistes proposent même des expériences en réalité augmentée que les collectionneurs s’arrachent comme des œuvres uniques. Et surtout, un tirage physique signé exposé à Paris Photo 2025 peut encore atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros.
Le revers de la médaille : des métiers menacés
Dans les couloirs, les photographes immobiliers, packshot étaient clairement inquiets. Des agences remplacent déjà ces prestations par des outils IA à très bas prix. Les tarifs sont parfois divisés par dix, voire plus. Plusieurs intervenants estiment que 30 à 50 % de ces jobs pourraient disparaître d’ici cinq à dix ans.
À lire : https://savi-photographe-bordeaux.com/2025/05/28/photographe-ia-menace-opportunite/
Saturation et perte d’authenticité : le grand débat
Des milliards d’images parfaites sortent chaque jour grâce à l’IA. Dans le secteur Digital, certaines œuvres jouaient volontairement sur la frontière entre réel et généré. On ne savait plus si c’était une vraie photo ou une création 100 % artificielle. Beaucoup d’artistes demandaient déjà des labels « 100 % humain » ou « IA-free » pour rassurer les collectionneurs.
« L’IA n’imite pas ; elle rêve. Elle crée des portraits liquides, des paysages qui respirent, impossibles à capturer avec un Leica. Le bienfait ? La démocratisation : un jeune photographe à Nairobi peut rivaliser avec un studio parisien grâce à un smartphone et Stable Diffusion. J’ai vendu des éditions numériques à 50 000 € chacune via NFT, sans intermédiaires. Mais le mal ? La perte d’authenticité. Quand une IA recycle des datasets volés – souvent sans crédit aux photographes originaux –, on dilue l’âme de l’image. À Paris Photo, nous voyons des tirages ‘IA-free’ valoir des fortunes, tandis que le contenu générique inonde Instagram. Le digital accélère la création, mais sature le marché : 95 milliards d’images par an, dont 40 % IA. Comment survivre ? En hybridant : utilisez l’IA comme un pinceau, pas comme un substitut. »

Extrait retranscrit de la conférence « AI Agents as Artists » Refik Anadol, Secteur Digital, 14 novembre 2025
La contradiction entre les articles alarmistes et la réalité du terrain
On lit partout que « l’IA tue les photographes » (voir https://blog.mbadmb.com/ia_photographie_actualite_revolution/) et que c’est la fin d’un métier. Pourtant Paris Photo 2025 débordait de vie, de ventes records et de jeunes artistes ultra créatifs. Les galeries étaient prises d’assaut, les prix montaient, les project rooms étaient pleines. Le terrain prouve que l’émotion et la singularité humaine restent ce qui fait la différence.


Kevin Abosch, Freedom, 2025
Mon avis en tant qu’étudiante au MBA DMB
Je ne crois pas à la mort du photographe, mais à la mort du photographe qui refuse d’évoluer. Comme en marketing digital, celui qui a une vraie vision et une histoire unique va s’en sortir largement. L’IA est un assistant ultra-puissant, pas un patron. À nous de garder la main sur le sens et l’émotion.
Conclusion : le photographe augmenté a de beaux jours devant lui
Paris Photo 2025 nous l’a montré : le digital ne tue pas la photographie. Il tue seulement la photo moyenne, répétitive et sans âme. Ceux qui apportent une vraie vision sortent renforcés de cette révolution.
Alors prenez votre téléphone ou votre boîtier et créez quelque chose que l’IA ne pourra jamais copier : votre propre regard sur le monde.