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X, le nouveau Twitter et son nouveau système de monétisation

Le phénomène de la monétisation a atteint X, anciennement connu sous le nom de Twitter, suscitant à la fois l’enthousiasme de ses utilisateurs premium et des inquiétudes quant aux conséquences potentielles. Le programme de partage des revenus publicitaires, nommé Ads Revenue Sharing, a été déployé aux États-Unis en juillet avant de faire son apparition en France au début du mois d’août. Cette initiative vise à rémunérer les abonnés premium de X (anciennement Blue, ex-Twitter Blue) en fonction de leur engagement, de leurs réactions et de leurs vues en affichant des publicités. Cependant, cette méthode pourrait amplifier la présence de contenus polémiques sur une plateforme déjà sujette à de telles publications.

Pour être éligible à ce programme, les utilisateurs doivent être abonnés à X Premium, compter au moins 500 abonnés et avoir généré au moins 15 millions d’impressions au cours des trois derniers mois (ce seuil a depuis été réduit à 5 millions d’impressions). Avec une première enveloppe de 5 millions de dollars à distribuer, de nombreux comptes premium se sont empressés de s’inscrire.

Qu’ont fait les utilisateurs ?

Les résultats ne se sont pas fait attendre. Certains utilisateurs ont partagé publiquement les montants qu’ils ont reçus de X pour leurs publications, avec des sommes allant de quelques dizaines à plusieurs milliers d’euros. Ces révélations ont déclenché une vague d’enthousiasme parmi les utilisateurs premium, et le hashtag « Merci Elon » a même été en tendance en France, de nombreux utilisateurs attribuant leurs revenus à Elon Musk.

Pourquoi une inquiétude se fait ressentir ?

Cependant, cette méthode de monétisation soulève des inquiétudes. Elle est basée sur l’engagement et les vues, incitant ainsi certains utilisateurs à publier du contenu polémique pour maximiser leur visibilité. Sur X, de tels contenus ont souvent été le moyen d’attirer l’attention et de susciter des réactions. Des messages polémiques, discriminatoires ou xénophobes pourraient ainsi devenir monnaie courante, d’autant plus que la modération sur X est souvent critiquée pour son laxisme.

La monétisation sur X ne dépend pas de la nature des réactions suscitées, qu’elles soient positives ou négatives. Publier du contenu qui divise devient ainsi une stratégie potentielle pour augmenter ses gains. Outre la création de la polémique, une autre pratique, appelée « tap-in », risque également de se développer. Cette technique consiste à publier des messages que l’on sait capables de générer un grand nombre de réactions. Qu’il s’agisse de questions provocantes ou d’opinions tranchées déguisées en sondages, ces publications suscitent souvent des réactions partagées, entraînant une multiplication des impressions.

La tendance

Face à cette tendance, de nombreux utilisateurs appellent à ne pas réagir aux contenus provocateurs, à ne pas interagir avec les utilisateurs qui exploitent ces pratiques, voire à bloquer les comptes certifiés et les abonnés premium. L’émergence de ces stratégies de monétisation risque de diviser davantage la communauté X, avec un choix de plus en plus sélectif quant aux contenus que l’on souhaite voir et aux comptes avec lesquels on souhaite interagir, afin de ne pas contribuer à la rémunération de publications provocatrices ou polémiques.

En somme, la monétisation sur X apporte des avantages financiers aux utilisateurs premium, mais elle soulève également des questions éthiques et sociétales quant à l’incitation à la polémique et à la controverse pour maximiser les gains. La plateforme fait face à un défi majeur en trouvant un équilibre entre la rémunération de ses utilisateurs et la prévention de l’exploitation de ces pratiques pour générer des revenus.

 

Pour en savoir plus : À peine installé et après avoir fait polémique , le « X » géant et lumineux, en référence au nouveau nom de Twitter a été retiré – lindependant.fr