L’IA : un moteur d’innovation pour le secteur beauté
L’intelligence artificielle (IA) révolutionne l’industrie cosmétique, comme en témoignent plusieurs articles du blog MBA DMB (Article 1, Article 2, Article 3). Elle favorise une personnalisation inédite des produits, améliore l’expérience client et optimise les processus de production et de création. Facilitant le quotidien, elle permet d’aller plus loin peut-importe l’environnement et la réflexion à mener. Le marché des cosmétiques tend de plus en plus vers une production et une consommation verte, durable et respectueuse aussi bien de la peau et que de l’environnement. Véritable tremplin, l’IA s’impose comme un outil indispensable pour accompagner les marques dans leurs stratégies d’innovation. Toutefois, cette avancée technologique soulève également des interrogations environnementales. Bien que souvent perçue comme immatérielle, l’IA possède un impact environnemental significatif. Comment concilier progrès technologique et durabilité dans le secteur de la beauté ?L’IA positive ?
L’IA transforme profondément l’industrie cosmétique à plusieurs niveaux :
- Personnalisation des produits : grâce à l’analyse de données, elle permet de recommander des soins adaptés aux besoins spécifiques des consommateurs.
- Optimisation de la supply chain : les algorithmes prédisent la demande, réduisant ainsi le gaspillage des matières premières.
- Développement de formulations innovantes : l’IA générative aide à concevoir des produits plus performants et potentiellement plus respectueux de l’environnement.
Ces avancées déjà bien présentes et en constant développement bénéficient aux marques et aux consommateurs en améliorant l’expérience client tout en répondant aux enjeux du marché. Cependant, ces bénéfices s’accompagnent d’un coût écologique souvent sous-estimé.
Un coût écologique sous-estimé
Si l’IA est synonyme de progrès, son impact environnemental reste une problématique majeure. Son fonctionnement repose sur des centres de données gourmands en énergie et en ressources naturelles.
Malgré des données approximatives ou prédictives dues à un manque de transparence et de loi à ce sujet, certains chercheurs se sont penchés sur la question.
Pourquoi et comment l’IA pollue-t-elle ?
1. Émissions de CO2
L’empreinte carbone de l’IA est conséquente.
Par exemple, l’entraînement du modèle ChatGPT-3 aurait généré en France, en 2023, 240 tonnes de CO2, soit 136 allers-retours entre Paris et New York en avion. (Ekwateur)
En 2023, depuis la sortie de son IA, Google a vu ses émissions de gaz à effet de serre atteindre 14,3 millions de tonnes de CO2, soit une augmentation de 48 % par rapport à 2019, son année de référence. (20 minutes)
2. Consommation d’eau
Les centres de données nécessitent d’importantes quantités d’eau pour leur refroidissement. L’entraînement de ChatGPT-3 aurait requis en 2023, 700 mètres cubes d’eau, soit l’équivalent de 3200 douches. En moyenne, poser 15 à 20 questions à un modèle comme ChatGPT nécessite un demi-litre d’eau douce pour refroidir les serveurs. OpenAI comptant plus de 200 millions d’utilisateurs actifs, l’empreinte hydrique de ces échanges atteint des niveaux considérables. (France Culture)
3. Déchet électroniques
Cartes graphiques, serveurs, cartes mémoire : l’intelligence artificielle générative a généré 2.600 tonnes de déchets électroniques en 2023, selon une étude parue dans la revue scientifique Nature Computational Science. Avec le boom de l’IA et sans aucune mesure prise pour limiter cette pollution, ce chiffre pourrait atteindre 2,5 millions de tonnes en 2030, selon les chercheurs, soit l’équivalent de 13,3 milliards de smartphones jetés. (LeDépêche)
Vers une IA plus verte dans la cosmétique ?
Pour réduire l’empreinte écologique de l’IA dans l’industrie de la beauté, plusieurs solutions émergent :
- Optimisation des algorithmes : privilégier des modèles plus sobres en énergie et mutualiser les infrastructures.
- Data centers verts : alimentés par des énergies renouvelables, ils permettent de limiter l’impact carbone.
- Approche hybride : combiner IA et expertise humaine pour éviter un traitement excessif des données.
- Éco-conception logicielle : concevoir des programmes optimisés pour réduire leur consommation énergétique.
- Recyclage et durabilité des composants électroniques : favoriser une économie circulaire pour limiter les déchets électroniques.
Des entreprises comme L’Oréal et Estée Lauder intègrent déjà ces pratiques dans leur stratégie numérique comme indiqué dans leur Sustainability Report. Cependant, des recherches approfondies restent nécessaires pour développer des alternatives encore plus durables.
Un équilibre à trouver
L’IA est une avancée majeure pour l’industrie cosmétique, offrant une personnalisation et une innovation accrues. Néanmoins, elle doit prouver qu’elle peut s’inscrire dans une démarche réellement durable. Le défi des prochaines années sera de concilier ces deux réalités pour bâtir une industrie cosmétique à la fois intelligente et responsable.