Alors non, demander à CHATGPT de rédiger son exposé d’histoire-géo ou à Midjourney de dessiner son animal de compagnie style PIXAR ne vous fera malheureusement pas gagner en espérance de vie.
En revanche, l’intelligence artificielle est au sein de certaines entreprises pharmaceutiques depuis de nombreuses années déjà, et épaule les différentes facettes de la Recherche et du Développement.
Par exemple Sanofi, l’une des plus grandes entreprises pharmaceutiques au monde, est à l’avant-garde de l’utilisation de l’IA dans la recherche et le développement. Les programmes d’IA mis en place chez Sanofi permettent l’automatisation des activités et la modélisation prédictive, ce qui permet de réduire considérablement le temps de recherche. Alors qu’auparavant, il pouvait falloir des semaines pour mener des recherches, l’IA permet aujourd’hui d’obtenir des résultats en quelques heures seulement.
Voici un exemple d’utilisation de l’IA de manière un petit peu plus concrète (trigger warning pour ceux qui n’aiment pas la science) :
L’Intelligence Artificielle permet d’accélérer les recherches sur l’ARNm.
L’ARNm, ou acide ribonucléique messager, c’est un peu comme le « messager » de notre corps. Il transporte des instructions de notre ADN aux ribosomes (les « usines » de notre corps) pour leur dire quelles protéines fabriquer. En gros, l’ARNm est responsable de transmettre aux ribosomes comment produire les protéines nécessaires à notre corps. C’est un peu comme si c’était la liaison entre notre ADN (qui est comme notre livre de recettes) et les ribosomes (qui sont comme nos cuisiniers).
Pour qu’un vaccin ARNm puisse atteindre les cellules cibles et produire des protéines pour combattre la maladie, il doit être transporté par un système stable appelé nanoparticule lipidique. Sanofi possède déjà une grande collection de ces nanoparticules lipidiques, mais les équipes de recherche et développement (R&D) utilisent désormais l’IA pour créer des modèles numériques qui permettent de prédire les meilleures particules à utiliser. Grâce à l’IA, le processus de prédiction des nanoparticules lipidiques est passé de plusieurs mois à quelques jours seulement.
Ici on se rend donc bien compte de l’avantage considérable que cette intelligence supplémentaire a apporté aux entreprises pharmaceutiques ! De plus, il se trouve que le vaccin ARNm est plus rapide à produire qu’un vaccin « normal ». Donc en étant plus rapide sur la recherche + sur la production, la conclusion est que l’on est plus rapide pour immuniser la population contre certaines maladies !
Cette avancée technologique majeure est saluée par le Directeur Général de Sanofi, Paul Hudson, qui a déclaré : « Notre ambition est de devenir la première entreprise pharmaceutique alimentée par l’intelligence artificielle à grande échelle […] L’utilisation de l’intelligence artificielle et de la science des données soutient déjà les efforts de nos équipes dans des domaines tels que la découverte de médicaments, l’amélioration de la conception des essais cliniques, de la fabrication et de l’approvisionnement en médicaments et en vaccins. »
Cependant, l’impact de l’intelligence artificielle ne se limite pas à la recherche et au développement de nouveaux vaccins.
Elle joue également un rôle crucial dans la personnalisation des traitements, ouvrant la voie à des vaccins plus adaptés aux besoins individuels. Imaginez un monde où les vaccins ne sont pas seulement conçus pour cibler des maladies spécifiques, mais aussi adaptés aux caractéristiques génétiques uniques de chaque individu.
Grâce à l’IA, les chercheurs peuvent analyser d’énormes ensembles de données génétiques pour identifier des modèles et des variantes spécifiques qui pourraient influencer la réponse d’un individu à un vaccin. Cette approche, souvent appelée médecine de précision, pourrait révolutionner la façon dont nous abordons la vaccination, en améliorant non seulement l’efficacité des vaccins mais aussi en réduisant le risque d’effets secondaires.
En outre, l’IA contribue à améliorer la surveillance des maladies et la réponse aux épidémies. Des systèmes d’intelligence artificielle avancés sont désormais capables de surveiller en temps réel l’émergence et la propagation de maladies infectieuses à travers le monde. En analysant des données provenant de diverses sources, telles que les médias sociaux, les rapports de santé publique et les tendances de voyage, l’IA peut identifier rapidement les foyers potentiels de maladies et aider à coordonner une réponse rapide et efficace. Cette capacité à anticiper et à réagir rapidement aux épidémies est devenue essentielle pour contenir leur propagation et minimiser leur impact sur la santé publique.
Prenons un exemple récent : le COVID-19. Pendant toute cette période de pandémie,
l’IA était sur les chapeau de roues. Elle a aidé à détecter rapidement les zones où le virus commençait
à se propager et analysé des publications sur les médias sociaux, les rapports de santé publique,
et les données de déplacement des personnes. Même l’IA ne doit pas avoir un bon
souvenir de cette « drôle » de période !
Pour résumer, l’intégration de l’IA dans le développement de vaccins ouvre des possibilités passionnantes pour l’avenir. Par exemple, l’utilisation de l’IA dans la conception de vaccins pourrait un jour permettre de développer des vaccins universels, capables de protéger contre plusieurs souches ou types de virus. Cela pourrait être particulièrement bénéfique dans la lutte contre des maladies comme la grippe, où les souches virales évoluent constamment.
L’intégration de l’intelligence artificielle dans la recherche et le développement de vaccins est une révolution qui va bien au-delà de l’accélération des processus de recherche. Elle représente une transformation fondamentale de la médecine préventive, ouvrant des perspectives nouvelles et passionnantes pour la santé mondiale. L’avenir de la médecine, façonné par l’IA, promet non seulement des vaccins plus efficaces et plus rapides, mais aussi une approche plus personnalisée et prédictive de la santé publique.
Ce processus imitant les comportements humains a donc le pouvoir de nous assister sur des avancées majeures et c’est exactement ça qui attise fortement ma curiosité et ma fascination.
C’est d’ailleurs pour cette raison que ce sujet fera l’objet de ma thèse de fin d’étude, et que ce post n’est que l’introduction de tout ce que je vais découvrir de l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le milieu pharmaceutique…
Pour aller plus loin
Si vous souhaitez en savoir plus sur l’avenir de la médecine, un camarade a posté un article sur le livre de Jean-Emmanuel Bibault : « 2041, l’Odyssée de la médecine ».
Note méthodologique de cet article juste ici