Interview avec Christelle Brossier
1. Peux-tu me donner un aperçu de ton expérience dans le domaine de l’événementiel ?
De manière globale, et avec cette année 2024 et les JO, j’arrive à 20 ans d’expérience dans l’événementiel et le secteur de la communication interne et de l’événement. Ce sont des événements plutôt à dimension internationale, en général sur une cible d’un top 100, top 200 et réunis dans une zone géographique plutôt européenne en majorité, même si cela peut aller de manière plus globale et internationale. Nous sommes sur des formats qui vont de 2 à 4 jours en général, avec des items qui vont de travail, de la production logistique en passant par le contenu, la création, la scénographie.
2. Comment as-tu observé l’évolution de l’intégration des technologies émergentes au fil du temps ?
Elle a été faite au fur et à mesure par vague ou par phase j’aurais tendance à dire. Alors il y a eu plusieurs modes, je vais prendre l’exemple de la mode RFID ou de toute la partie QR code par exemple. Donc au fur et à mesure, où finalement l’ensemble des filières dont le B2C, on a vu des vraies progressions. On va le voir dans le retail par exemple, on a vu que ça cascadait aussi dans le monde de l’événementiel avec des possibilités d’émargement, de géolocalisation, donc ça a notamment touché beaucoup cette partie-là d’identification. C’est un peu les technologies qui ont pu identifier la personne, son parcours, son design et donc vers quelque chose de plus personnalisé et puis maintenant avec les technologies émergentes autour de l’intelligence artificielle, le champ des possibles est beaucoup plus ouvert.
3. En quoi l’intégration de ces technologies redéfinit-elle la notion d’expérience en matière d’événements ?
Alors l’expérience des participants augmente. C’est ça qui va faire la différence. Au-delà d’un voyage commun ou d’un tronc commun, dans quelle mesure je peux m’alimenter et par ailleurs, selon mon souhait, de manière assez satellite sur tous les sujets. C’est-à-dire finalement sur un programme, ça peut être très bien une façon de manger différemment et d’avoir un vrai programme parce que ma culture fait que j’ai besoin d’être prise en charge complètement différemment et du coup je vais aller vers ce niveau de personnalisation qu’on ne pouvait pas atteindre avant. Puis je peux aussi très bien finalement au-delà de l’événement, pouvoir avoir accès à des contenus de manière assez rapide et instantanée du coup qui viennent prolonger ce que je viens d’écouter. Donc je peux finalement augmenter à chaque fois mon expérience sur l’ensemble des items et ma personnalisation. Si tu augmentes en IA, des modules IA spécifique, si on les intègre dans les outils événementiels disponibles, on va pouvoir justement imaginer ce type d’expérience.
4. Selon toi, quels sont les principaux défis auxquels les acteurs de l’industrie de l’événementiel sont confrontés lorsqu’ils intègrent ces technologies émergentes dans leurs événements ?
Clairement, on a la question du légal. Donc c’est les exigences légales auxquelles on doit répondre. Et là, pour le coup, on doit respecter tout un tas de directives. On ne doit pas avoir trop d’avance non plus, puisque la législation avance. Donc il faut qu’on arrive à suivre le mouvement général pour rester compliant et du coup de manière assez solide aussi dans notre accompagnement client, pour savoir gérer la data de manière à la fois efficiente mais responsable surtout. Donc une vraie démarche RSE aussi dans l’utilisation des technos tant sur leur stockage que sur leur usage en tant que tel.
5. Comment les organisateurs d’événements peuvent-ils garantir que l’usage des technologies émergentes améliore réellement l’expérience des participants, plutôt que de la compromettre ?
Normalement, il faut toujours un usage consenti. Donc ça, c’est important dans l’expérience dès le démarrage. On va avoir ce consentement quand même. On va respecter aussi des étapes clés qui vont être en amont de l’expérience. Donc on se doit dans l’obligation d’éviter de les mettre en difficulté. On se doit de même, grâce à la techno, de pouvoir actualiser en temps réel l’expérience du participant qui pourrait être en difficulté. Je pense que l’avantage de la technologie, c’est que tu puisses justement restreindre des accès ou des usages parce qu’ils ne se sentent pas à l’aise avec l’expérience composée. Je trouve que c’est quand même l’avantage de la technologie, c’est de rester à l’écoute active et d’avoir toujours un peu une espèce de war room de l’équipe qui pilote l’expérience et qui puisse intervenir dans ces cas-là. Et à l’inverse de prolonger du coup, c’est de mettre ton énergie sur ceux pour qui l’expérience est plutôt agréable et bénéfique.
6. Y a-t-il des tendances émergentes en matière de technologie que tu prévoies de voir de plus en plus intégrées dans les événements à l’avenir ?
C’est toute la question du moment parce que du coup on est dans le test sur ces technos là, en tout cas sur l’IA générative. Je prends un exemple concret ; dans les événements internationaux, avec cette idée du multiculturel et du multilangue, on a toujours les problématiques de la traduction, ça reste un sujet très costaud. L’IA va nous permettre justement d’imaginer un hologramme multilangue, pour schématiser ce que ça pourrait représenter. J’ai quelque part Nina qui intervient au Brésil en hologramme en brésilien. J’ai une qualité oratoire avec un accent, qui fonctionne bien. Donc typiquement ça peut être une nouvelle expérience qui peut être proposée.