IA
et nous
Quand la technologie nous renvoie à notre humanité
IA et humanité : repenser notre futur

« Les technologies ne façonnent pas seulement notre monde, elles révèlent la manière dont nous le rêvons. »
— Ariel Kyrou
Une conférence pour repenser notre rapport au futur
Nous vivons une époque fascinante, où l’intelligence artificielle (IA) est partout : dans nos téléphones, nos voitures, nos hôpitaux, et même dans nos conversations quotidiennes. Pourtant, malgré cette omniprésence, les discours sur l’IA oscillent souvent entre deux extrêmes : la fascination béate pour un progrès technologique illimité et la peur panique d’une machine qui nous échapperait.
C’est dans ce contexte qu’une conférence en deux parties, organisée autour des thèmes « L’IA et ses imaginaires » et « L’IA et la créativité humaine », a proposé une pause réflexive. Animée par François Celtiel, journaliste à France Culture et fin connaisseur des enjeux numériques, cette rencontre a rassemblé six intervenants aux profils variés : des philosophes, des artistes, des scientifiques et des entrepreneurs. Leur objectif ? Explorer comment l’IA interroge notre humanité, nos peurs, nos rêves et notre manière de créer.
Pourquoi est-ce si important ? Parce que l’IA n’est pas qu’une question de technologie. C’est une question de société, de culture, et même de philosophie. Elle nous pousse à nous demander : Qu’est-ce que cela signifie d’être humain à l’ère des machines intelligentes ?
L’IA comme récit : et si tout partait d’une histoire ?

Ariel Kyrou
Journaliste, écrivain, essayiste et chroniqueur de radio français

Benoît Carré

Samuel Bianchini
Artiste et théoricien

François Celtiel
Journaliste, essayiste, réalisateur et producteur français

François-Xavier Petit
Historien et directeur général de Matrice

Samah Karaki
Neuroscientifique et chercheuse
Dès les premières minutes de la conférence, François Celtiel a posé une question simple mais profonde : « Pourquoi parlons-nous si souvent de performance quand nous évoquons l’IA, et si rarement de sens ? » Pour lui, l’intelligence artificielle n’est pas seulement un outil ou une technologie. C’est d’abord une histoire que nous nous racontons.
Une histoire de progrès illimité, où les machines surpasseraient un jour l’intelligence humaine. Une histoire où l’IA pourrait résoudre tous nos problèmes, combler nos failles, et même nous libérer du travail pénible. Mais aussi une histoire qui nourrit nos peurs les plus profondes : Et si les machines nous remplaçaient ? Et si nous perdions le contrôle ?
Ariel Kyrou, journaliste et spécialiste des imaginaires alternatifs, a renforcé cette idée : « Ce ne sont pas les machines qui gouvernent le monde, mais les récits que nous construisons autour d’elles. » Depuis le Golem de la tradition juive jusqu’à Her de Spike Jonze, en passant par Frankenstein de Mary Shelley ou Blade Runner de Ridley Scott, chaque avancée technologique s’accompagne de mythes qui reflètent nos espoirs et nos angoisses.
Ces récits ne sont pas anodins. Ils influencent la manière dont nous concevons le progrès, les politiques publiques, et même nos choix quotidiens. Par exemple, quand Hollywood nous montre des robots tueurs ou des intelligences artificielles rebelles, cela nourrit une vision de la technologie qui peut inspirer — ou paralyser — les chercheurs, les entrepreneurs et les citoyens.
Pour Kyrou, il est urgent de réinventer ces récits. Plutôt que de craindre l’IA ou de l’idéaliser, pourquoi ne pas la voir comme un miroir ? Un miroir qui reflète nos contradictions, nos désirs les plus enfouis, et nos aspirations les plus folles. « Les technologies sont des fictions devenues réelles, a-t-il expliqué. Elles nous parlent toujours de nous-mêmes. »
Matrice : quand l’innovation rencontre l’humain
Si Ariel Kyrou nous invite à repenser les récits autour de l’IA, François-Xavier Petit, directeur général de Matrice, un laboratoire d’innovation mêlant technologie et humanisme, propose une approche plus concrète. Pour lui, l’enjeu n’est pas seulement de raconter de nouvelles histoires, mais de les incarner dans des projets réels.
Matrice est un lieu unique où entrepreneurs, chercheurs et artistes collaborent pour expérimenter de nouvelles formes d’apprentissage et d’action sociale. « Notre mission est de rendre l’innovation plus humaine, plus incarnée, explique Petit. Nous ne voulons pas seulement créer des outils performants, mais des outils qui ont du sens pour les gens. »
Prenons un exemple concret : l’un des projets phares de Matrice consiste à développer des plateformes éducatives qui utilisent l’IA pour personnaliser l’apprentissage, tout en intégrant une dimension sociale et collaborative.
« Nous ne voulons pas que les élèves soient seuls devant un écran, précise Petit. Nous voulons qu’ils puissent interagir, échanger, et construire ensemble leur savoir. »
Pour lui, le numérique n’est pas neutre. Il transforme nos façons de travailler, de communiquer, et même de penser. « Si nous ne relions pas l’innovation à la culture, nous risquons de reproduire les erreurs du passé avec des outils du futur, avertit-il. Il faut que la technologie soit au service de l’humain, et non l’inverse. »
Cette vision rejoint celle d’Ariel Kyrou : l’IA n’est pas une fin en soi, mais un moyen de repenser notre rapport au monde. Et si, plutôt que de subir la technologie, nous apprenions à la co-construire ?
L’imaginaire comme espace de résistance
Un constat s’est imposé tout au long de la conférence : notre imaginaire collectif est souvent colonisé par la peur. La peur d’être remplacé par une machine. La peur de perdre notre emploi, notre utilité, notre humanité. Ces narrations anxieuses, amplifiées par les médias et les discours transhumanistes, finissent par conditionner notre perception du progrès.
Pourtant, l’imaginaire peut aussi être un espace de résistance. Ariel Kyrou plaide pour un « imaginaire des possibles », où la technologie ne serait ni un monstre ni un sauveur, mais un compagnon de route. « Il faut ouvrir des perspectives, proposer d’autres visions du futur, explique-t-il. L’art et la culture ont un rôle clé à jouer pour redonner du souffle et du sens. »
François-Xavier Petit, de son côté, insiste sur l’importance de médiation : « Il faut relier la recherche, l’éducation, l’économie et la création pour que chacun puisse participer à l’écriture de ce futur. » Par exemple, Matrice organise régulièrement des ateliers où des citoyens, des artistes et des ingénieurs travaillent ensemble sur des projets concrets. « L’idée est de briser les silos, de créer des ponts entre les disciplines, et de montrer que la technologie peut être un outil de libération, et non d’aliénation. »
L’IA et la création : un dialogue inattendu
La deuxième partie de la conférence a exploré un terrain particulièrement passionnant : la création artistique à l’ère des intelligences génératives. Comment les artistes, musiciens et écrivains s’emparent-ils de ces outils ? Comment l’IA transforme-t-elle leur processus créatif ?
Benoît Carré : composer avec la machine
Benoît Carré est l’un des pionniers français de la composition musicale assistée par IA. Avec son projet Flow Machines, il a développé des outils capables de générer des mélodies, des harmonies ou des paroles à partir d’un corpus d’œuvres existantes. « La machine n’est pas un rival, mais une source de décentrement, explique-t-il. Elle me pousse à sortir de ma logique de créateur, à explorer des chemins que je n’aurais pas empruntés seul. »
Par exemple, Carré raconte comment il a utilisé l’IA pour composer une chanson dans le style de The Beatles. « L’algorithme m’a proposé des accords et des mélodies qui m’ont surpris, dit-il. J’ai pris ces éléments comme une matière brute, et j’ai travaillé dessus pour en faire quelque chose de personnel. » Pour lui, l’IA n’est pas là pour remplacer l’artiste, mais pour stimuler son imagination.
« Ce qui m’intéresse, ce n’est pas la perfection, mais la surprise, confie-t-il. Je cherche l’accident, l’inattendu. Ce moment où la machine me surprend, où elle ouvre une porte que je n’avais pas vue. »
Samuel Bianchini : redonner corps à la technologie
Si Benoît Carré voit l’IA comme un partenaire créatif, Samuel Bianchini, artiste et théoricien, propose une réflexion plus philosophique : « Comment la technologie transforme-t-elle notre rapport au corps et au monde ? »
Ses installations interactives, souvent basées sur des capteurs et des dispositifs numériques, interrogent la présence physique dans un univers de plus en plus dématérialisé. « L’IA ne doit pas être un pur calcul, affirme-t-il. Elle doit nous permettre de ressentir autrement. »
Par exemple, dans l’une de ses œuvres, Bianchini utilise des capteurs de mouvement pour créer une installation où les visiteurs interagissent avec des projections lumineuses. « L’idée est de montrer que la technologie peut être sensible, qu’elle peut créer des émotions, des connexions, explique-t-il. Créer avec une IA, c’est comme danser avec un partenaire imprévisible. Il faut savoir écouter, s’adapter, improviser. »
Samah Karaki : la créativité, un processus vivant
Enfin, Samah Karaki, neuroscientifique, apporte un éclairage scientifique à ce dialogue entre l’homme et la machine. Pour elle, la créativité n’est pas un don magique, mais un processus dynamique qui implique émotions, mémoire et imagination.
« Une machine peut imiter, mais elle ne peut pas ressentir, insiste-t-elle. La créativité humaine repose sur l’expérience vécue, sur ce mélange de vulnérabilité et d’émotion qui fonde toute œuvre. »
Par exemple, quand un musicien compose une mélodie, il ne se contente pas de suivre des règles mathématiques. Il puise dans ses souvenirs, ses émotions, ses rencontres. « L’IA peut générer des millions de mélodies, mais elle ne peut pas leur donner cette dimension humaine, cette part de nous-mêmes que nous mettons dans notre art. »
Vers une écologie de l’intelligence
Ce que cette conférence a révélé, c’est la nécessité d’une écologie de l’intelligence. Un équilibre entre puissance technologique et sensibilité humaine. Entre vitesse et lenteur. Entre calcul et contemplation.
Les intervenants s’accordent sur un point essentiel : il ne s’agit ni d’idolâtrer ni de craindre l’IA, mais de l’intégrer dans une réflexion critique et créative. Cela passe par l’éducation, la recherche interdisciplinaire, et la culture.
François Celtiel conclut la séance avec une phrase qui résonne comme un appel : « Ce n’est pas l’IA qui nous remplace. C’est notre paresse à penser le monde autrement. »
L’IA, un miroir de notre humanité
Au fond, cette rencontre nous rappelle que l’IA parle moins de machines que d’humanité. Elle révèle nos peurs, nos rêves, notre désir de dépasser nos limites. Elle nous oblige à redéfinir ce que signifie penser, créer, ressentir.
Dans un monde où l’IA compose des symphonies, écrit des poèmes et génère des images, une question s’impose : comment garder vivante cette part d’humanité qui s’émerveille, qui doute, qui crée du lien ?
Plutôt que de craindre la machine, apprenons à dialoguer avec elle. Faisons-en un partenaire de pensée, un catalyseur de sens. À une condition : ne jamais oublier ce qui fait notre humanité — la fragilité, l’empathie, la conscience du vivant.
Pour aller plus loin
Découvrir le programme Matrice et ses initiatives
Entretien avec Ariel Kyrou : « Les nouvelles technologies étendent le domaine de la fiction »
Vidéo Benoît Carré : «
Voir l’installation de Samuel Bianchini «Prendre vie(s) »
Pour retrouvez l’intégralité de la conférence : https://www.youtube.com/watch?v=hB7jZ-9n5YQ&t=319s
Réapprendre à rêver
Cette conférence, par la richesse de ses intervenants et la profondeur de ses échanges, n’a pas seulement éclairé le rapport entre IA et création. Elle a rappelé que penser la technologie, c’est penser la société.
L’IA ne nous dit pas seulement ce que nous savons faire ; elle nous invite à nous demander qui nous voulons être.
Ariel Kyrou nous encourage à inventer de nouveaux récits. François-Xavier Petit nous rappelle l’importance de relier innovation et humanisme. Benoît Carré, Samuel Bianchini et Samah Karaki montrent que la créativité ne disparaît pas avec la machine — elle se transforme.
Leur message est clair : l’intelligence artificielle n’est pas une fin, mais un commencement. Celui d’un humanisme numérique, où la technologie ne remplace pas l’humain, mais l’aide à se révéler.
Et si, finalement, la vraie révolution n’était pas celle des machines… mais celle de notre capacité à rêver autrement ?
Le 8 novembre 2025, j’ai assisté à une conférence à l’auditorium de la Cité des sciences et de l’industrie. L’événement, structuré en deux parties, m’a apporté de nombreuses connaissances et m’a paru particulièrement enrichissant. J’ai donc choisi d’en faire l’article événement du blog, afin que chacun puisse profiter du contenu, soit à travers mon compte rendu, soit via le lien renvoyant vers le replay de la conférence.
Pour préparer cet article, j’ai d’abord utilisé l’intelligence artificielle Krisp, qui permet de générer un résumé à partir d’un lien YouTube. Son apport m’a permis de compléter efficacement les notes que j’avais prises sur place. J’ai ensuite intégré ce résumé ainsi que mes notes dans ChatGPT afin de produire une première version de l’article, en respectant les consignes de rédaction demandées.
(Voici les prompts utilisés :
Je dois écrire un article comprenant entre 800 et 1000 mots (il peut aller jusqu’à 2500 mots). Je veux écrire un article sur un événement. Voici la consigne : « À l’occasion d’un événement sur le digital réalisez un article sur un ou plusieurs contenus qui vous ont été exposés. Présentez l’événement et son contexte, résumez la conférence ou le contenu que vous présentez ou tirez-en les principaux enseignements. N’oubliez pas d’y apporter votre valeur ajoutée : votre avis, une mise en perspective, une contradiction potentielle avec d’autres contenus etc… » . Si tu comprends la consigne répond juste ok.
Maintenant je vais te donner mon sujet. L’événement auquel j’ai assisté est une conférence en deux parties : la première portait sur les imaginaires de l’IA et la seconde partie sur IA et créativité humaine : nouveau terrain d’exploration. Voici les invités : pour la première partie : Ariel Kyrou, journaliste et essayiste, François-Xavier Petit, directeur général de Matrice et pour la seconde partie : Samuel Bianchini, artiste et chercheur, Benoît Carré, musicien et Samah Karaki, neuroscientifique. Je vais t’écrire ce que j’en retiens, je veux que tu m’écrives l’article d’après la consigne que je t’ai énoncé. Je veux que le ton soit journalistique, progressiste, formel, instructif, avec une belle plume d’écrivain. Voici mes infos : (…))
Pour rendre le texte plus naturel et moins « robotique », j’ai ensuite soumis cette première version à Mistral, qui m’a aidé à l’humaniser davantage. Après quelques retouches personnelles, j’ai finalisé l’article et l’ai mis en page sur WordPress.
(Voici le prompt utilisé : je veux que tu réécrives cet article plus humain : (…))