Fiche de lecture : A quoi rêvent les algorithmes ? Nos vies à l’heure des big data-Dominique Cardon

Introduction : des célébrations de Noël en famille à l’univers des algorithmes.

A quoi rêvent les algorithmes Nos vies à l'heure des big data
A quoi rêvent les algorithmes
Nos vies à l’heure des big data

Dans un premier temps, j’ai découvert ce livre grâce à ma tante. Un soir de Noël, on parlait de réseaux sociaux, de publicités “trop bien ciblées” et de la sensation d’être surveillées en permanence par nos téléphones. 

Puis, l’année d’après, pour les festivités de Noël, elle m’a fait cadeau de « À quoi rêvent les algorithmes ? Nos vies à l’heure des big data » de Dominique Cardon. Dans le contexte de mon MBA en Marketing Digital et Business, cet ouvrage s’est avéré parfait pour avoir une perspective plus large sur un thème que je rencontre quotidiennement : les algorithmes et la donnée.


L’écrivain et le contexte de l’œuvre

Pour commencer Dominique Cardon est Professeur de Sociologie FNSP, habilité à diriger des thèses il a été chercheur au Laboratoire des usages (SENSE) d’Orange Labs et professeur associé à l’Université Paris Est/LATTS. Il ne s’exprime pas en tant qu’ingénieur, mais comme observateur des impacts du numérique sur la société et la démocratie.

Ensuite son ouvrage est publié dans une conjoncture caractérisée par :

-l’essor du « big data », 

-la suprématie des grandes plateformes (Google, Facebook, Amazon, etc.), 

-la banalisation des systèmes de « notation, classement et recommandation » dans les domaines de l’information, du commerce et des loisirs.

Enfin son but est : d’expliquer de manière claire ce que signifient ces termes abstraits : « algorithme », « IA », « données » et démontrer comment ces calculs structurent notre perception du monde.


Résumé et points saillants du livre


1. Vers une “société des calculs”

Cardon souligne que nous habitons maintenant une « société des calculs » : chaque interaction en ligne, que ce soit un clic, un like ou un achat, est consignée et convertie en données. De plus, ces données nourrissent des modèles qui ne se limitent pas à représenter nos actions, mais qui par la suite « choisissent » à notre place :

-Quels contenus sont affichés, 

-Quelle publicité est présentée, 

-Quel profil est promu ou négligé.


2. Les quatre catégories d’algorithmes


Le livre se centre sur une typologie à la fois simple et brillante : quatre grandes catégories de calculs organisent le web.


1. Les algorithmes basés sur la popularité


Ils classent les contenus en fonction de leur popularité (vues, likes, partages). Plus un contenu est visionné, plus il sera suggéré : c’est la logique des fils d’actualités de TikTok ou YouTube.


2. Les algorithmes d’autorité


Selon le système de classement basé sur les liens entre les pages, similaire au PageRank de Google : un contenu qui reçoit des liens de sites jugés « importants » bénéficie d’une plus grande crédibilité.


3. Les algorithmes de réputation


Basés sur les évaluations et commentaires des utilisateurs (Amazon, Booking, Uber). Ils paraissent démocratiques, néanmoins Cardon démontre qu’ils ont la capacité de renforcer des préjugés collectifs ou d’écarter certains profils.


4. Les algorithmes prévisionnels

risque de défaut, affinité politique. Cela soulève des questions cruciales en termes d’éthique et de discrimination.

Cette classification rend perceptible ce que nous saisissons sans vraiment comprendre : divers algorithmes « rêvent » de différentes choses : réussite, autorité, notoriété ou prévision.


3. L’illusion de neutralité des algorithmes

Cardon souligne : « Les algorithmes n’ont pas de neutralité ».

Derrière chaque calcul se trouvent des décisions humaines :

-quelles informations conserver, 

-quel indicateur optimiser, 

-quel but privilégier (temps passé, clics, engagement, ventes…).

Ainsi, ces décisions dénotent des « valeurs » et principalement des « intérêts économiques ». Ainsi, les algorithmes déterminent ce qui est visible ou non sur nos écrans. Ils ont un impact sur nos points de vue, nos préférences, nos choix d’acquisition , parfois à notre insu.


Mon point de vue et ma mise en perspective.

J’ai apprécié la limpidité de ce livre. Cardon explique un sujet qui semble généralement être réservé aux ingénieurs en une centaine de pages facilement compréhensibles. Il ne tombe pas dans le drame, mais incite à une réflexion sur ce que signifie réellement « vivre dans un monde calculé ».

En me positionnant en tant qu’utilisatrice, cette lecture m’a permis de réaliser que :

-Mon fil d’actualité Instagram ou TikTok n’est pas impartial : il me présente ce que l’algorithme considère pertinent pour moi ; 

-Mes suggestions Netflix ou Spotify reflètent autant mes préférences que les visées de la plateforme ; 

-Il y a réellement une « bulle de filtres » : je suis principalement exposé à des contenus en ligne qui correspondent à mes goûts.

En tant que future spécialiste en marketing, ce livre souligne un « paradoxe ».

Nous utilisons quotidiennement ces systèmes : ciblage, segmentation, recommandations de produits, notation de prospects. Nous sommes également engagés dans un système qui peut piéger les individus dans des profils statiques ou convertir chaque interaction en information lucrative.

Cardon n’appelle pas à l’abandon des algorithmes. Il prône davantage de transparence et de responsabilité : comprendre les critères de classement, discuter de ce qu’ils privilégient, et élaborer des outils qui servent l’utilisateur plutôt qu’une rentabilité exclusive.

J’ai trouvé cette méthode équilibrée. Le risque ne provient pas de la technologie elle-même, mais plutôt de notre propension à lui accorder une trop grande autorité sans la remettre en question.


Conclusion : Un ouvrage pour appréhender le domaine du numérique.

Qu’est-ce que les algorithmes rêvent ? est un livre incontournable pour toute personne œuvrant dans le domaine numérique. Il ne fournit pas de formules pour « briller sur les réseaux sociaux », mais il contribue à comprendre le contexte :

-qui détermine ce qui est affiché, 

-quels critères pilotent les suggestions, 

-la manière dont nos actions sont converties en données et ensuite en décisions automatiques.

À mes yeux, ce livre tisse des liens entre trois univers :

-Mes conversations familiales à propos du « téléphone qui espionne tout », 

-mes cours au MBA DMB axés sur les données et les plateformes, 

-et le métier que j’envisage, où l’utilisation de ces outils sera incontournable sans négliger la question du titre : À quoi rêvent les algorithmes ? Et à quoi voulons-nous qu’ils rêvent ?

Enfin pour acheter le livre :

https://www.fnac.com/a8858529/Dominique-Cardon-A-quoi-revent-les-algorithmes?oref=00000000-0000-0000-0000-000000000000&storecode=&Origin=SEA_GOOGLE_PLA_BOOKS&esl-k=sem-google%7Cnx%7Cc%7Cm%7Ck%7Cp%7Ct%7Cdc%7Ca20111491090%7Cg20111491090&gclsrc=aw.ds&gad_source=1&gad_campaignid=19663887777&gclid=Cj0KCQiAuvTJBhCwARIsAL6DemhiKMaEwStp1Gf9vuDapfgFUyoPTML-AU06C0yXms3kINtofkJzN00aAgBcEALw_wcB


La note méthodologique détaillant l’usage de l’intelligence artificielle dans cet article est disponible ici