Peux-tu nous parler de ta décision de te reconvertir dans le digital ?
À la base, j’ai une formation en biologie, avec un master de recherche en biologie comportementale. J’ai travaillé pendant 13 ans dans l’industrie pharmaceutique, principalement sur des postes scientifiques, notamment en pharmacovigilance et en documentation médicale.
À un moment, j’ai ressenti le besoin d’évoluer vers d’autres fonctions, et j’étais particulièrement attirée par la communication. J’ai eu l’opportunité d’effectuer une mission d’un an et demi au sein du département communication de mon entreprise, Bayer. Suite à cette expérience, on m’a proposé de reprendre mes études, ce que j’ai accepté.
J’ai alors décidé de me spécialiser dans la communication et le marketing, puis j’ai enchaîné avec un second diplôme en marketing digital, en me disant que la communication étant un secteur assez saturé, le marketing digital offrirait davantage de perspectives professionnelles.
Quels ont été les facteurs déclencheurs et les plus grands défis ?
Le plus difficile a sans doute été de retourner à l’école dans un domaine totalement différent de mes études initiales. Passer d’études scientifiques, où l’on apprend des concepts très théoriques et précis comme la classification des espèces ou la dissection animale, à des matières beaucoup plus empiriques, comme la création de personas ou l’élaboration de stratégies marketing, a été un vrai challenge.
Un autre défi a été de me retrouver entourée d’étudiants beaucoup plus jeunes, avec une différence d’âge d’au moins 15 ans. Cela m’a demandé une certaine adaptation, tant au niveau des méthodes d’apprentissage que des interactions avec cette nouvelle génération d’étudiants.
En quoi le MBA DMB a-t-il joué un rôle décisif dans ta transition vers le digital ?
Je dirais que le point clé a été une meilleure compréhension de l’intelligence artificielle, un domaine sur lequel j’ai notamment travaillé pour ma thèse. Cela m’a permis d’effectuer une veille constante et d’entretenir une curiosité permanente sur les nouveaux développements. Dans ce secteur, de nouveaux outils et fonctionnalités émergent presque quotidiennement, ce qui exige de se remettre en question en permanence et d’être toujours à l’affût des dernières innovations.
Quels enseignements ou compétences pratiques t’ont particulièrement marquée ?
Je dirais que c’est surtout l’ensemble des compétences acquises, car nous avons abordé un large éventail de sujets. Pour quelqu’un dont le projet professionnel n’est pas encore totalement défini, cela permet d’ajouter de nombreuses cordes à son arc. J’ai acquis une vision générale sur plusieurs aspects du digital, qu’il s’agisse de la gestion d’un site web, de l’e-mailing ou encore du SEO, une discipline qui m’a particulièrement intéressée.
Comment as-tu pu mettre en pratique les compétences acquises lors du MBA dans ton nouveau poste chez Lesaffre International ?
J’ai trouvé un poste qui correspondait parfaitement à ce que j’avais appris avant et pendant le MBA. Aujourd’hui, je suis chargée de l’expérience digitale au sein du département Digital et Data chez Lesaffre International, une entreprise spécialisée dans la production de produits issus de la fermentation, notamment des levures pour la fabrication du pain.
Le département digital de l’entreprise a été créé il y a un an, et notre mission principale est de sensibiliser et accompagner nos plus de 11 000 collaborateurs à travers le monde dans la transformation digitale. Cela passe notamment par l’acculturation à des sujets comme l’intelligence artificielle, en particulier l’IA générative. Par exemple, nous formons nos collaborateurs à l’utilisation d’outils d’IA générative internes.
Mon rôle consiste principalement à sensibiliser les collaborateurs aux nouvelles tendances digitales, à les inspirer en faisant de la veille technologique et en partageant les innovations extérieures à l’entreprise. Je m’assure également de valoriser les projets réalisés en interne, notamment via notre intranet.
En tant qu’actrice du digital, comment perçois-tu l’évolution du secteur ces dernières années, notamment en matière de transformation digitale et d’innovations ?
Je remarque surtout une évolution au niveau des collaborateurs. Nous avons d’un côté des employés très enthousiastes vis-à-vis des sujets digitaux, particulièrement autour de l’intelligence artificielle. Et de l’autre, des personnes qui ont l’impression d’avoir « manqué le coche » du digital et qui souhaitent désormais rattraper ce retard.
Aujourd’hui, le digital évolue à une vitesse fulgurante, et cela peut être effrayant pour certains. Beaucoup ont parfois l’impression d’avoir raté le train, notamment en ce qui concerne l’intelligence artificielle. Il est vrai qu’il y a un flot continu de nouvelles technologies et d’outils, mais il est important de faire le tri. Parfois, certaines innovations ne sont que des effets d’annonce, sans réelle application concrète par la suite.
Ce qui est essentiel, c’est de rester constamment à l’écoute des évolutions, tout en prenant du recul. Il faut savoir distinguer ce qui a un réel impact de ce qui est simplement passager. En résumé, le mot clé reste la vigilance : être attentif à ce qui se passe, tout en faisant preuve de discernement.
Quels conseils donnerais-tu à une personne qui hésite à se reconvertir dans le digital aujourd’hui ?
Je dirais qu’il est normal d’avoir des craintes ou des appréhensions, mais il faut savoir se lancer, même si cela peut paraître intimidant au début. Le digital est un secteur très prometteur et porteur, avec des opportunités vastes et diversifiées. Je suis convaincue qu’il est possible de trouver un métier qui correspondra à nos aspirations, car les possibilités sont nombreuses et variées. Finalement, on peut toujours trouver une voie qui fait écho à notre parcours antérieur tout en intégrant une nouvelle dimension digitale.
Quelles sont, selon toi, les clés de la réussite dans ce domaine ?
Je pense que la curiosité est primordiale. Il faut être constamment curieux, car le digital est en perpétuelle évolution. Ensuite, l’humilité est importante, car il est impossible de tout savoir dans un domaine aussi vaste et en mutation constante. Enfin, il faut aimer partager : partager ce que l’on apprend, ce que l’on découvre avec d’autres personnes qui partagent cet intérêt pour le digital.