Covid-19, confinement et sites de rencontre : quel impact au final?

La crise du coronavirus a-t-elle réellement causé une hausse ou une baisse de fréquentation des sites de rencontres ? 

C’est un secret de polichinelle, la situation sanitaire issue de la récente pandémie a largement contribué à l’accélération de la digitalisation de notre quotidien. Déjà bien avancée dans son usage des faveurs du numérique, la société actuelle a été témoin d’une hausse historique des services connectés. Que ce soit dans la santé avec la téléconsultation chez Doctolib (12% consultation en ligne en mars 2020 contre 45 % en avril de la même année), les achats sur internet avec Amazon (de 5,7 milliards d’euro de chiffre d’affaire en 2019 à 7,3 milliards l’année d’après pour la filiale française, soit une progression de 28,07 %) ou encore dans le domaine des applis de livraison à domicile tel que Uber Eats (1,4 milliards de dollars en 2019 contre 3,9 milliards en 2020, une augmentation d’environ 278 %), l’ensemble des plateformes dédiées à la fourniture des biens et services essentiels à notre accoutumée ont vu leur utilisation augmenter de manière considérable.  

Force est cependant de remarquer que certains services digitaux n’ont pas enregistré le boom attendu. 

Les sites de rencontre grands absents de la fête en ligne ?  

Alors que la majorité des gouvernements prenait des mesures drastiques pour stopper la propagation du virus, l’on s’attendait logiquement à une très forte hausse du nombre des utilisateurs des sites de rencontres. En effet, nos habitudes de plus en plus digitalisées, couplées au confinement (lieux de rencontres habituels soit fermés, soit subissant une baisse de leurs fréquentations pour des raisons évidentes de peur de la maladie) constituaient un subtil mélange bien destiné à pousser les célibataires à se (re)connecter ou créer un profil afin de trouver l’amour (ou un one night stand bien sûr). Figurez-vous que la ruée vers le dating on line n’a pas pas vraiment eu lieu, l’on a plutôt enregistré une très forte décrue de visiteurs sur les plateformes dédiée au love 2.0. 

De Meetic, leader du secteur en France en passant par Tinder, Happn ou encore Badoo, les sites de rencontre en ligne ont essayé s’adapter au contexte sanitaire en proposant à leurs utilisateurs une nouvelle fonctionnalité : Le chat vidéo pour palier à l’impossibilité de se déplacer. Malgré ces multiples améliorations et autres services ajoutés, les Français ont quand même largement boudé ces plateformes comme en témoigne une étude du site spécialisé monpetitdate.fr, réalisée sur la base des chiffres des pionniers du secteur dans l’hexagone : 

-Meetic : 13M ↘ 10M soit une baisse de 30%  

-Eliterencontre : 2,5M ↘ 2M soit une baisse de 25% 

-Adopteunmec : 2,8M ↘ 2M soit une baisse de 40% 

-Disons Demain : 5,2M ↘ 4M soit une baisse de 23% 

-Badoo : 11M ↘ 8,5M soit une baisse de 23%  

OVS (On va sortir) Nosbellesannées, Wyylde, Nouslibertins et Gleeden pour completer cette liste non exhaustive, ont également subi de fortes chutes de leurs fréquentations. Tout ceci pour une statistique globale du secteur estimée à 36,4 % d’utilisateurs en moins, sur une durée allant d’aout 2020 à début mars 2021.

 

Les Français ont considérablement délaissé les sites de rencontre pendant le confinement, contrairement aux prévisions.

Les raisons de cette dégringolade ? 

Plusieurs motifs sont à l’origine de cet abandon de l’amour 2.0 : 

-Des Français de plus en plus à l’aise avec le célibat. Selon une étude de l’INED publiée en décembre 2020, à la question : souffrez-vous du célibat ? Posée à des personnes âgées entre 25 et 65 ans, seulement 31% des femmes répondent que cela a un impact important sur leur moral et leur vie quotidienne contre 26% des hommes. 

-Le couvre-feu de 18 h et pour une durée indéterminée a poussé en quelques sortes les Français à renoncer momentanément à l’amour ou à une vie sexuelle. À quoi bon payer pour des fonctionnalités supplémentaires sur Tinder, un abonnement sur Adopte, si je ne suis même pas certain de rencontrer la personne dans les 3 prochains mois ? 

-La crise sanitaire a affecté le moral d’une bonne majorité qui dès lors a préféré profiter du confinement et du couvre-feu pour prendre du temps pour soit même.  

Il convient cependant de situer ces chiffres dans le contexte bien précis du début de la crise, où l’on vivait sans savoir à quoi s’attendre du lendemain. Selon le comparateur stat-rencontres.fr le nombre de visiteurs sur l’ensemble des plateformes a repris du poil de la bête au dernier trimestre 2021, même si l’on est encore loin des statistiques d’avant Covid. Quoi qu’il en soit, avec l’installation progressive et durable de la numérisation dans nos modes de vie, le dating en ligne a surement encore de beaux jours devant lui.  

Sources :

https://www.ined.fr/fr/publications/editions/population-et-societes/vivre-celibataire-des-idees-recues-aux-experiences-vecues/

https://www.lci.fr/societe/meetic-adopteunmec-avec-la-crise-sanitaire-les-francais-boudent-les-sites-de-rencontres-2180055.html

https://www.ticsante.com/story/5154/covid-19-doctolib-franchit-le-cap-des-25-millions-de-teleconsultations-et-equipe-65-hopitaux.html  

https://www.relations-publiques.pro/150578/coronavirus-pendant-le-confinement-les-francais-fuient-les-sites-et-les-applis-de-rencontres-chiffres-et-infographie.html

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