Il y a des histoires qui commencent par une passion, et d’autres par un pari à deux. Celle de Saad Lahjouji et Myriam Bouayad combine les deux. Après plus de dix ans passés dans le monde de l’entreprise, ce couple a décidé de tout miser sur leur amour commun pour la scène. Ensemble, ils ont fondé Tendansia, une société de production qui vise à professionnaliser, valoriser et faire rayonner les arts vivants au Maroc, dans toutes leurs formes. Leur plus belle vitrine : Comedia Blanca, un festival qui a rassemblé des milliers de spectateurs à Casablanca en 2025. Rencontre avec deux passionnés qui pensent, produisent et vivent le spectacle autrement.

https://www.infomaroc.net/festival-comediablanca-la-nouvelle-pepite-culturelle-de-casablanca/ : Tendansia : quand l’amour de la scène devient un projet de vie et d’innovation culturelle

J’ai eu la chance d’échanger avec ce couple passionné par l’art, la scène, et par toutes les innovations capables de sublimer un spectacle. Voici ce que j’ai retenu.

L’événementiel à l’ère du digital

“Aujourd’hui, on ne peut plus créer un événement sans penser digital dès la première seconde.”
C’est une phrase que Saad répète souvent. Ce passionné de spectacle et d’innovation est catégorique : le digital est partout. Dans la conception, la coordination, la communication, la billetterie, l’expérience sur place, le suivi post-événement… tout y passe.

Ce que Tendancia cherche à créer, ce ne sont pas des “événements”, mais des expériences. Et selon eux, les nouvelles technologies offrent une matière première formidable pour enrichir ces expériences.

“Un événement qui reste figé dans les méthodes d’hier, c’est un événement qui s’éteint”, ajoute Myriam.

À Comedia Blanca, le digital ne se limite pas à vendre des billets ou publier sur Instagram. Le mapping scénique personnalisé en est un parfait exemple. Chaque artiste est accueilli sur scène par un univers visuel qui lui est propre, pensé en lien avec ses sketchs, ses mots, son énergie. “C’est un langage en soi. Une émotion silencieuse qui accompagne l’artiste, qui raconte avec lui”, explique Saad.

Ce mapping a été réalisé avec le metteur en scène Amir Rouani, un créatif de talent, qui fusionne l’héritage marocain avec des techniques de projection digitale d’une précision bluffante. Zellige en mouvement, motifs traditionnels, calligraphie animée… Tout est pensé pour que la culture marocaine rayonne, et s’anime, grâce aux outils du futur.

Mais les idées de Tendancia ne s’arrêtent pas là. Ils ont récemment assisté à un événement à Lille, qui pousse encore plus loin les limites de la technologie : un gala où chaque spectateur portait une oreillette connectée qui permettait de traduire en temps réel les sketchs d’humoristes venant du monde entier. Italien, chinois, arabe, espagnol… les langues se croisaient, le public comprenait tout. “C’est aussi ça le rôle du digital : effacer les barrières, connecter les publics.”

Quand je leur demande quelles technologies vont transformer l’événementiel de demain, ils n’hésitent pas :
“L’intelligence artificielle va bousculer notre manière de créer. Elle pourra générer des visuels, moduler des voix, composer des ambiances sonores sur-mesure. Les hologrammes, la réalité augmentée… tout ça va devenir de plus en plus accessible.”

Mais attention, pour eux, le digital n’est pas une fin en soi. “Ce ne sont que des outils. Ce qui compte, c’est le sens, l’authenticité, la sincérité artistique.”

Et cet état d’esprit, ils le transmettent aussi à leur entourage. “On ne travaille qu’avec des gens qui sont curieux. Qui ont envie d’apprendre, d’évoluer, de comprendre le monde d’aujourd’hui.” La réticence face au digital ? “C’est un frein, pas une posture. Si tu refuses d’apprendre, tu refuses d’exister dans ce métier.”

Enfin, je leur demande quel conseil ils donneraient à un(e) jeune qui veut se lancer. Leur réponse est simple : “Maîtrise tes outils, reste en veille, et n’aie pas peur de tester. C’est une course, et ceux qui s’arrêtent de courir se font vite oublier.”

https://www.linkedin.com/in/saadli/?locale=fr_FR

Conclusion

À travers leur travail, Saad et Myriam prouvent que le digital n’est pas un ennemi de la scène, mais un allié précieux pour la magnifier, la faire voyager, la rendre plus inclusive. Comedia Blanca est plus qu’un festival : c’est la preuve qu’un projet artistique né au Maroc peut rayonner dans tout l’espace francophone. Et demain, bien au-delà.

Note méthodologique :