Booba & sa nouvelle agence d’influence : une révolution dans le Marketing  ?

Booba, de son vrai nom Élie Yaffa, est l’un des rappeurs les plus populaires en France. Connu pour son attitude provocatrice et son franc-parler, il suscite beaucoup l’intérêt du public. Une personnalité médiatique, qui fait souvent parler d’elle, que ce soit pour sa musique, ses conflits avec d’autres artistes, sa présence sur les réseaux sociaux, ses prises de position controversées, ses nombreuses marques… Bref, il est souvent au centre de l’attention. Mais depuis maintenant deux ans, Booba attire l’attention sur un sujet : celui de l’influence. Booba entre en guerre avec Magalie Berdah, la fondatrice de Shauna Events, la plus grosse agence de stars de téléréalité française. Il dénonce ouvertement sur ses réseaux sociaux (Instagram & X) certaines pratiques commerciales qu’il considère trompeuses, la pointant du doigt. Il l’interpelle dans de nombreux tweets en l’accusant d’arnaquer les gens, et critique sa façon d’exercer le métier d’intermédiaire entre les marques et les influenceurs de téléréalité. Cette guerre virtuelle finit par prendre une tournure judiciaire. Après plusieurs mois de lutte contre Magalie Berdah et le phénomène des « influvoleurs », Booba a annoncé ce Jeudi 9 novembre 2023, le lancement de sa nouvelle agence d’influence « Starting Blok – SBK», une agence de talents dédiée à promouvoir l’éthique et la transparence dans le milieu, en collaboration avec Claire Dabrowski (spécialiste du brand content et ancienne directrice du développement de Talent Web chez Webedia) ainsi qu’Anne Cibron (manager d’artistes, et notamment celle de booba).
La gen Z : un tourisme 2.0

 

Dans son article sur le Figaro, Claudia Cohen, éclaire les contours de cette nouvelle agence. En rebondissant sur ces révélations, nous explorons comment les choix stratégiques du rappeur français pourraient transformer, si ce n’est pas déjà le cas, les codes établis sur le marketing d’influence.

Le rappeur Booba semble vouloir montrer l’exemple avec sa propre agence d’influence…

La gen Z : un tourisme 2.0
Starting Blok, décide de se positionner spécifiquement dans le domaine de la culture urbaine, un secteur encore peu exploré par les marques pour atteindre et influencer les jeunes générations. Booba affirme : « Nous soutenons des talents désireurs d’exercer une influence responsable et éthique, capables d’inspirer et de mobiliser leurs communautés ». Parmi les premiers talents à rejoindre l’agence, on compte Vincent Scalera, qui s’essaie au stand-up, Dany Dann, un champion international de breakdance prévu pour concourir aux Jeux Olympiques Paris 2024, Berthet One, auteur de bande dessinée, ainsi que l’artiste tatoueuse Poly. Tous ont signé des contrats d’exclusivité. Comme de nombreuses agences d’influence, Starting Blok exige que ses nouveaux talents obtiennent le certificat de l’influence responsable délivré par l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP). Claire Dabrowski, porte-parole de l’agence, insiste sur le fait qu’il n’y aura pas de placements de produits. Booba a justement déclaré vouloir une influence différente.
L’objectif est plutôt d’accompagner les passionnés, parfois confrontés à des difficultés financières, dans leurs collaborations créatives avec des marques, en privilégiant le storytelling. Claire évoque même la possibilité de créer des contenus tels que des émissions ou des séries. L’agence veut donc mettre en avant «des gens qui ont un métier au quotidien, des gens qui ont quelque chose à dire et qui utilisent leurs réseaux sociaux pour partager leur passion » selon Claire Dabrowski.

Booba, génie du marketing d’influence ou complètement déconnecté de la réalité  ?

La gen Z : un tourisme 2.0
Selon moi, Booba a prouvé qu’il a tout compris au marketing. Il a non seulement masteriser son personal branding, en assumant ses propos et en ayant des valeurs bien propres à lui, mais il a également bâti sa crédibilité en explosant les records avec ses titres, et en tenant tête à tous ses ennemis. Résultat : cette crédibilité lui offre un levier puissant, celui de ne plus avoir rien à prouver, renforçant son statut d’autorité. Conscient que les concerts et les albums ne suffisent plus, Booba s’est diversifié avec succès (marque de vêtements, label de musique, média spécialisé..) et continue à le faire en créant aujourd’hui sa propre agence. Une cohérence, qui finalement, lui permet de monétiser son image. La majeure partie de ses ventes est directement liée à son exposition médiatique personnelle. Malgré le risque de perdre cette visibilité après sa sortie du Rap, Booba relève brillamment le défi grâce à une stratégie de Media Jacking. En choisissant des batailles en accord avec son combat, il communique intensément sur ses réseaux et déclenche donc à chaque fois une viralité relayée par les médias. Ces événements confirment que Booba est non seulement un artiste, mais aussi un stratège marketing pas bête du tout, qui illustre parfaitement les principes du (bon) marketing d’influence en 2023 : communication axée sur les valeurs, désignation d’un ennemi à combattre, visibilité maximale, implication de médias tiers…
Enfin, malgré sa réputation, Booba a su prouver que l’influence pouvait venir de n’importe où. Peu importe son domaine d’activité et son parcours, il a su être intelligent et influencer son public. La preuve, depuis ses dénonciations, il a initié la chute des influenceurs de téléréalité sur les réseaux sociaux et a permis à plusieurs jeunes d’ouvrir les yeux sur de potentielles arnaques. Depuis peu, on remarque justement une réelle distinction entre les influenceurs et les créateurs de contenu, une nuance qu’il ne faut pas prendre à la légère, comme si le terme « influenceur » n’était plus crédible. Pour en savoir plus sur le marketing et l’influence, c’est juste ici.