Article Rebond: Tendances à suivre en 2024

L’IA, la télésanté, les objets connectés ou encore les SuperApps transforment notre système de santé.
Mais ces innovations suivent-elles le rythme des soignants ?
Cet article rebond questionne les promesses de la e-santé 2024 face aux réalités du terrain. 

Retour sur l'Article Précédent : Acculturation Numérique en Santé

L’infographie réalisée en 2024 listait six grandes tendances en e-santé à suivre : intelligence artificielle, formation des soignants, SuperApps, impact écologique, objets connectés et télésanté. Un an plus tard, ces tendances sont-elles devenues des réalités sur le terrain ?

Spoiler : les promesses sont là, les initiatives aussi, mais le décalage entre vision technologique et application concrète persiste. Retour critique sur cette évolution entre 2024 et 2025.

Points Clés à Approfondir

Dans notre précédent article, nous avons exploré plusieurs aspects cruciaux de l’acculturation numérique pour les soignants. Voici quelques points qui méritent une attention particulière :

01

Adoption différenciée de l'IA par les soignants

02

Formation pratique et adaptée au numérique

03

Faible prise en compte de l’impact écologique

Questions Fréquemment Posées

Découvrez les réponses aux questions les plus courantes sur les tendances actuelles en e-santé.

Quels sont les avantages des SuperApps en santé ?

Les SuperApps centralisent divers services de santé, facilitant la gestion des rendez-vous, des dossiers médicaux et des prescriptions sur une seule plateforme.

Comment la télésanté améliore-t-elle l'accès aux soins ?

La télésanté permet un suivi médical à distance, rendant les soins accessibles même dans les zones reculées ou pour ceux ayant des difficultés à se déplacer.

Les objets connectés sont-ils vraiment utiles ?

Oui, lorsqu’ils sont validés scientifiquement, ces objets aident à surveiller des paramètres de santé importants, mais leur utilisation doit être accompagnée d’une formation adéquate pour les soignants.

Quels sont les défis écologiques de la santé numérique ?

La santé numérique consomme beaucoup d’énergie et génère des déchets électroniques, nécessitant une approche plus durable et sobre.

Comment garantir la sécurité des données dans les SuperApps ?

Il est crucial de mettre en place des protocoles de sécurité robustes et de respecter les régulations sur la protection des données pour préserver la confidentialité des informations médicales.

La télésanté est-elle adaptée à tous les patients ?

Bien que bénéfique, la télésanté peut rencontrer des obstacles comme le manque de matériel ou la réticence de certains patients, notamment les personnes âgées.

Un an après : que reste-t-il des grandes promesses de la e-santé 2024 ?

1. Intelligence Artificielle : plus présente, mais toujours clivante

En 2024, 53 % des soignants intégraient l’IA dans leur pratique. En 2025, ce chiffre progresse (+7 pts selon Syntec Numérique), grâce à des outils plus accessibles pour le suivi patient ou le triage automatisé. Mais le clivage reste net : certains professionnels utilisent ChatGPT médical ou des aides à la prescription, pendant que d’autres n’ont même pas de connexion stable. Le problème n’est plus seulement l’IA, mais les inégalités d’accès à l’IA.
2. Formation des soignants : une volonté affichée, encore peu concrétisée

En 2025, le gouvernement a renforcé les plans de formation avec MaSanté2025+ et le soutien de l’ANS. Certaines régions pilotes (Occitanie, Bourgogne-Franche-Comté) ont même proposé des MOOC certifiants en e-santé.

Mais sur le terrain, les formations restent trop théoriques, souvent déconnectées du quotidien soignant. Le besoin : du temps, de la pratique, et des formations adaptées aux niveaux de compétence réels.

3. SuperApps : plus nombreuses, mais toujours aussi hégémoniques

Doctolib continue de dominer l’écosystème. En 2025, de nouvelles fonctionnalités de coordination (chat inter-soignants, suivi post-opératoire) ont été lancées. Mais la diversification reste un défi : les alternatives comme Maiia, Medadom ou Omnidoc peinent à exister durablement.

Cette concentration inquiète certains acteurs publics : dépendance des professionnels, détournement potentiel de données… La santé n’est pas un marché comme les autres.

4. Impact écologique : des ambitions, mais peu de réduction visible

La « Planification écologique du système de santé » s’est concrétisée en 2025 par la publication d’indicateurs environnementaux pour les hôpitaux et SIH.

Mais dans les faits ? Peu d’établissements prennent en compte l’empreinte carbone des outils numériques, et la sobriété numérique est absente des formations officielles. Pourtant, cloud, objets connectés, serveurs… ont un vrai coût pour la planète.

5. Objets connectés : en essor, mais peu intégrés cliniquement

En 2025, le gouvernement a renforcé les plans de formation avec MaSanté2025+ et le soutien de l’ANS. Certaines régions pilotes (Occitanie, Bourgogne-Franche-Comté) ont même proposé des MOOC certifiants en e-santé.

Mais sur le terrain, les formations restent trop théoriques, souvent déconnectées du quotidien soignant. Le besoin : du temps, de la pratique, et des formations adaptées aux niveaux de compétence réels.

6. Télésanté : un essor confirmé, mais encore inégalitaire
La téléconsultation reste très pratiquée, et s’étend à des actes plus spécifiques (psy, suivi post-chirurgie). Des plateformes publiques (TéléO, Mon espace santé) se développent lentement. Mais les usages restent très différenciés : zones rurales et âgés en perte d’autonomie restent en retrait, faute d’équipement ou de culture numérique. La télésanté doit éviter de devenir un outil de plus pour les déjà-connectés.
Conclusion : Avancées réelles, mais toujours déconnectées des usages
Entre 2024 et 2025, la e-santé a continué son expansion, sur le papier comme sur les plateformes. Mais pour qu’elle devienne un véritable outil d’amélioration du soin, il faut réduire les fractures : de compétences, de territoire, de moyens, d’éthique. L’enjeu 2025-2026 ? Ralentir un peu la course aux outils, et accélérer celle de l’acculturation. Car une technologie n’est utile que si elle est comprise, acceptée et bien utilisée.

Vous pouvez retrouver juste ici le processus de création de l’article.

Les différentes sources dont sont issues mes données:
healthymind.fr
esante.tech

 

 

Cet article a été rédigé par Amélie Bosseboeuf.