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VivaTech 2026 : de la skincare à Netflix, l’IA au service de la personnalisation

Deux expériences très différentes qui montrent comment la technologie cherche à mieux comprendre nos besoins, nos goûts et nos habitudes.

Du 17 au 20 juin 2026, VivaTech célébrait sa dixième édition à Paris. Cette année, le salon a accueilli 200 000 visiteurs venus de 165 pays, plus de 15 000 start-up et 4 500 partenaires.

En parcourant les allées de l’événement, j’ai découvert de nombreuses innovations autour de l’intelligence artificielle, de la santé, de la beauté et du divertissement. Mais deux moments m’ont particulièrement marquée.

Le premier était une expérience proposée sur un stand de l’espace consacré aux start-up coréennes : une machine capable d’analyser la peau grâce à l’intelligence artificielle et de proposer des produits adaptés aux résultats.

Le second était la conférence The Next Act of Netflix, durant laquelle Elizabeth Stone, Chief Product and Technology Officer de Netflix, est revenue sur l’évolution de la plateforme, la personnalisation, les nouveaux formats de divertissement et la place de l’IA.

Ces deux expériences semblent très éloignées. Pourtant, elles reposent sur une même promesse : mieux connaître l’utilisateur afin de lui proposer une expérience qui semble pensée spécialement pour lui.

Le fil conducteur de ma visite : comment l’IA transforme-t-elle la personnalisation de nos expériences, de la routine skincare au choix de nos divertissements ?

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Une machine capable d’analyser ma peau grâce à l’IA

En passant dans l’espace consacré aux start-up coréennes, une grande machine installée sur un stand de skincare a immédiatement attiré mon attention.

L’expérience commence par un questionnaire à remplir dans l’application de la marque. Celui-ci porte sur les habitudes de soin, les produits utilisés et les préoccupations liées à la peau.

Il faut ensuite placer son visage dans la machine, en suivant les indications de l’équipe. L’intelligence artificielle analyse alors la peau et génère des résultats personnalisés. Une personne présente sur le stand m’a ensuite expliqué les principaux éléments de mon analyse, qui devaient également m’être envoyés par e-mail.

Mon résultat : l’analyse a principalement fait ressortir un besoin d’hydratation. J’ai donc reçu deux produits adaptés à ce besoin, dont une crème hydratante.

Au-delà de la technologie, j’ai surtout trouvé le parcours client intéressant. Je ne me suis pas contentée d’observer des produits posés sur un stand : j’ai participé à une expérience, obtenu un résultat personnel et reçu une recommandation directement liée à celui-ci.

Pour une marque, ce type de dispositif permet de rendre la présentation d’un produit plus concrète et plus mémorable. La personnalisation devient alors un moyen de capter l’attention, mais aussi de faciliter le choix du consommateur face à une offre skincare parfois difficile à comprendre.

Selon l’équipe, cette analyse devrait prochainement pouvoir être réalisée directement depuis l’application, grâce à la caméra d’un smartphone. Cette évolution rendrait le service beaucoup plus accessible, même si elle soulève aussi des questions sur la précision des résultats et l’utilisation des images du visage.

J’ai consacré une vidéo complète à cette expérience : découvrir mon test de l’analyse de peau par IA .

Netflix veut dépasser le simple catalogue de films et de séries

Le deuxième moment qui m’a particulièrement marquée est la conférence The Next Act of Netflix, organisée le 18 juin sur la Stage One de VivaTech.

Elizabeth Stone, Chief Product and Technology Officer de Netflix, échangeait avec Steven Levy, journaliste chez Wired, sur la prochaine étape du développement de la plateforme.

L’une des idées fortes de la conférence était que le divertissement ne se limite plus aux films et aux séries. Netflix intègre désormais des jeux, des programmes en direct, des événements sportifs et des contenus créés pour de nouveaux formats.

« Le divertissement n’est plus une seule chose. Il va au-delà des films et des séries. »

Elizabeth Stone, Chief Product and Technology Officer de Netflix, à VivaTech 2026

Cette évolution se voit déjà en France. Depuis le 19 juin 2026, les abonnés peuvent retrouver directement sur Netflix les programmes et chaînes en direct de TF1+, dont TF1, TMC, TFX et LCI. Cette intégration rapproche encore davantage la plateforme du fonctionnement d’une offre de divertissement globale.

Mais la variété des contenus ne suffit pas. Netflix cherche aussi à faciliter leur découverte grâce à la personnalisation.

Elizabeth Stone a expliqué que les recommandations s’appuient sur les comportements observés directement sur la plateforme : les programmes regardés, terminés ou évalués. Netflix affirme ne pas utiliser de sources extérieures pour personnaliser ces recommandations.

La plateforme expérimente également l’IA générative dans son moteur de recherche. Une fonctionnalité testée sur iOS permet par exemple de formuler une envie de manière naturelle, comme rechercher un programme drôle, léger ou adapté à une humeur particulière.

Pour retrouver le contexte complet de cette intervention, vous pouvez consulter la présentation officielle de la conférence Netflix ainsi que la présentation de la nouvelle expérience Netflix .

Quelle place pour l’IA dans les processus créatifs ?

Cette conférence m’a également intéressée pour son lien avec mon sujet de thèse, consacré au rejet de l’IA générative par certaines communautés créatives.

Sur cette question, Elizabeth Stone a présenté Netflix comme une entreprise qui souhaite rester du côté de l’outil. La plateforme affirme pouvoir accompagner aussi bien les créateurs qui refusent l’IA que ceux qui souhaitent l’expérimenter.

Cette position est intéressante, car elle ne présente pas l’intelligence artificielle comme une obligation. Elle laisse, en théorie, une place au choix des équipes créatives et aux besoins propres à chaque production.

Mais cette liberté devra aussi être comprise par le public. Dans les secteurs créatifs, l’utilisation de l’IA ne concerne pas uniquement l’efficacité ou la qualité technique. Elle touche également à la transparence, au travail des artistes et à la confiance accordée aux entreprises.

Plusieurs questions restent ouvertes :

  • Les créateurs auront-ils réellement le choix d’utiliser ou non ces outils ?
  • Le public sera-t-il informé lorsqu’un contenu utilise de l’IA générative ?
  • Où se situe la limite entre assistance technique et remplacement du travail humain ?
  • La personnalisation améliore-t-elle l’expérience ou renforce-t-elle la collecte de données ?

La machine de skincare et Netflix montrent ainsi deux utilisations différentes de l’intelligence artificielle. Dans un cas, elle analyse une image et un questionnaire pour proposer des produits. Dans l’autre, elle aide à organiser et recommander une immense quantité de contenus.

Dans les deux cas, l’efficacité de la technologie dépendra aussi de la confiance accordée à l’entreprise qui l’utilise.

Deux secteurs différents, une même promesse

À première vue, une machine de skincare et une plateforme comme Netflix n’ont pas grand-chose en commun.

Pourtant, elles reposent sur le même principe : récupérer certaines informations sur l’utilisateur afin de lui proposer une expérience plus adaptée.

Cette personnalisation peut être utile. Elle peut aider à choisir un produit parmi des centaines de références, réduire le temps passé à chercher un programme ou faire découvrir un contenu que l’on n’aurait pas trouvé seul.

Mais elle implique aussi un échange. Pour obtenir une recommandation plus précise, nous acceptons de transmettre des informations sur nos habitudes, nos préférences, notre visage ou notre manière de consommer.

Le véritable enjeu ne sera donc pas seulement de savoir si la technologie fonctionne. Les marques devront aussi expliquer clairement quelles données sont utilisées, pourquoi elles le sont et quelles limites elles donnent à leurs outils.

Ce que je retiens de VivaTech 2026

Ce que je retiens de cette édition, c’est que l’innovation devient réellement intéressante lorsqu’elle se transforme en expérience concrète.

La machine de skincare m’a permis de voir immédiatement ce que l’IA pouvait apporter à un parcours client. La conférence Netflix m’a montré comment une grande plateforme tente de réunir technologie, divertissement et personnalisation à une échelle mondiale.

Ces deux moments m’ont également rappelé que derrière chaque promesse de personnalisation se trouve une question de confiance.

Jusqu’où sommes-nous prêts à partager nos habitudes et nos données pour obtenir une expérience toujours plus personnalisée ?

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