Interview de Martin P. , SeedZ Marketing Graduate Program, L’Oréal Paris
Dans les coulisses du Marketing Digital chez L’Oréal avec le programme SeedZ :
Interview de Martin P.
Dans un marché de la cosmétique saturé, le leader mondial L’Oréal ne se contente plus de vendre des produits : il déploie une véritable stratégie de Beauty Tech. Pour comprendre comment les technologies de pointe s’intègrent concrètement dans le quotidien d’une marque Mass-Market, nous sommes allés à la rencontre de Martin P, membre du prestigieux SeedZ Marketing Graduate Program.
Ce programme d’élite, conçu pour former les futurs leaders du groupe, place l’agilité digitale et l’innovation au centre de ses missions. À travers cet échange, nous décryptons comment la nouvelle génération de marketeurs s’approprie l’IA, la 3D et l’analyse de données pour transformer l’expérience client à grande échelle.
Rencontre avec un acteur au cœur de la transformation digitale de L’Oréal Paris.
Comment l’IA générative a-t-elle modifié la manière de concevoir les campagnes marketing au quotidien ?
Martin P. considère l’IA générative comme un levier d’agilité majeur au sein du programme SeedZ. Selon lui, elle transforme le quotidien du marketeur en permettant de tester une multitude de concepts créatifs en un temps record, avant même la phase de production. Il souligne que l’IA ne remplace pas la créativité humaine mais l’augmente, offrant la possibilité d’adapter les visuels et les messages aux tendances des réseaux sociaux presque en temps réel pour une personnalisation de masse efficace.
Est-ce que l’IA générative risque de remplacer la créativité humaine ou de standardiser les campagnes de L’Oréal Paris ?
L’IA n’est pas un remplaçant, mais un « copilote créatif ». Elle automatise les tâches d’exécution chronophages pour redonner au marketeur son véritable rôle : celui de curateur stratégique. L’enjeu n’est plus de savoir « comment » produire un visuel, mais de savoir lequel choisir pour garantir l’image de marque.
En levant les barrières techniques et budgétaires, l’IA permet à Martin de tester des concepts audacieux en un clic, transformant ainsi la contrainte de production en une liberté d’innovation totale. Cette technologie ne dilue pas l’ADN de L’Oréal ; au contraire, elle permet de le décliner à l’infini avec une précision chirurgicale selon chaque profil de consommateur. En fin de compte, si l’IA gère la quantité et la rapidité, l’œil humain reste l’unique garant de l’émotion et de l’élégance propre à la marque.
En bref : L’IA gère la quantité, l’humain garantit l’émotion et l’ADN de L’Oréal.
Comment la transformation digitale modifie-t-elle la relation entre L’Oréal et ses consommateurs, au-delà des outils technologiques ?
la transformation digitale n’est pas qu’une affaire de logiciels, c’est un basculement du produit vers l’expérience. Chez L’Oréal, cela se traduit par une stratégie « Direct-to-Consumer » renforcée : le digital permet de briser la barrière entre la marque et ses clients pour instaurer un dialogue continu.
Grâce à l’exploitation des données et aux plateformes sociales, Martin ne vend plus seulement une crème ou un rouge à lèvres, mais un service personnalisé (conseils beauté en ligne, diagnostics de peau virtuels, tutoriels interactifs). Cette mutation transforme le parcours d’achat en une expérience fluide et omnicanale, où la frontière entre le magasin physique et l’e-commerce disparaît totalement.
Le digital permet à L’Oréal de passer d’un marketing de masse à une proximité intime avec chaque consommateur, plaçant l’usage et le conseil au cœur de la valeur de la marque.
L’Oréal semble être dans un mouvement permanent. Comment vivez-vous cette nécessité de « se réinventer sans cesse » au sein du Graduate Programme ?
Se réinventer n’est pas une option, c’est l’ADN même du groupe. Dans le cadre du programme SeedZ, ce mouvement permanent se traduit par une culture de l’entrepreneuriat où chaque projet est une opportunité de remettre en question les acquis. Cette agilité permet à L’Oréal de ne jamais subir les transformations du marché, mais de les devancer, qu’il s’agisse de nouvelles tendances de consommation ou d’évolutions technologiques.
Travailler chez L’Oréal Paris, c’est accepter que rien n’est figé. Martin explique que cette dynamique oblige à une curiosité constante et à une grande résilience : il faut savoir « désapprendre » pour réapprendre plus vite. Ce flux continu transforme le quotidien de marketeur en un défi intellectuel stimulant, où l’audace de tester de nouvelles approches est plus valorisée que le respect strict des processus établis.
« On ne suit pas la tendance, on la crée. » Liliane Bettencourt