Un train roule en semi-autonomie lors des essais GoA2 du Train Autonome Service Voyageurs SNCF

Le 22 juillet dernier, dans le cadre du projet Train Autonome Service Voyageurs de la SNCF, les équipes du domaine SIG de GTS France ont atteint le niveau de semi-autonomie GoA2 lors d’essais sur une voie de service près de Busigny dans les Hauts-de-France.

Le succès de ces tests GoA2 sur un train de service voyageurs qui est la plupart du temps en service commercial, est une première en France et contribue pleinement au développement du train autonome de façon globale.

Ce que l’on appelle dans le jargon technique, le « GoA2 sur signalisation latérale » est une conduite automatisée permettant au train de s’arrêter à un signal de façon automatique. Dans un premier temps, le train détecte la couleur du signal – rouge, vert ou jaune – et ensuite réagit en fonction de celle-ci.

Alexandre Da Silva, responsable ingénierie système de Thales satisfait :

 » On considère que c’est un succès puisque c’est la première fois qu’on faisait rouler le train en autonomie avec notre système de conduite automatique, de positionnement par satellite et de cartographie. »

Avant cela au printemps dernier (en mars et en mai 2021), des tests préliminaires avaient déjà été réalisés sur voie commerciale et au Centre d’Essai Ferroviaire (CEF) de Petite-Forêt, près de Valenciennes, afin de tester l’automatisation de l’accélération et du freinage du train. Les scénarios de caractérisation de la rame et de mise au point de l’ATO ont été testés à nouveau en plateforme sur le site de Vélizy-le-Bois. Parallèlement le partenaire Bosch mettait au point son système de reconnaissance de la signalisation latérale.

Ces premiers essais dynamiques de trains autonomes à GOA2 dans le cadre de l’ETCS du réseau ferré national reposent depuis deux ans sur l’expertise de notre équipe d’ingénieurs, notre relation de confiance avec la SNCF et notre volonté commune d’innover. Il est le fruit de recherches et de partenariats. Unesolution de transport sécuritaire,accessible et écologique. Dans le cadre de ce programme SNCF ambitieux et innovant pour les filières ferroviaires françaises et européennes, Hitachi Rail apportera les briques techniques,les avoir-faire et l’expérience acquise lors de la première exploitation detrains autonomes en Australie à Nous soutenons la standardisation du«smart» et ferroviaires durables. » Gilles Pascaut, président d’Hitachi Rail STS France.

« Nous félicitons l’équipe pour son travail et sommes très impatients de contribuer à ce projet qui mobilise lesingénieurs autour du défi de la mobilité connectée, autonome et intelligente. L’ensemble peut envisager de nouvelles perspectives sur son modèle économique, ses activités et son impact environnemental. ».Arnaud Maury, PDG d’Altran France.

Depuis le lancement du projet Train Autonome en 2018, Thales est membre du consortium dédié au développement d’un prototype de train TER autonome (‘Train Autonome Service Voyageurs’) qui regroupe autour de SNCF, l’Institut de Recherche Technologique Railenium, Alstom (anciennement Bombardier), Bosch et Spirops.

Au sein de ce consortium, Thales a le rôle d’architecte et d’intégrateur système, et fournit le module ATO pour le pilotage automatique du train. Autour de ce cœur ATO, les équipes techniques de Thales viennent agréger les sous-systèmes complémentaires des autres membres du consortium. Thales pourvoit également un nouveau système de positionnement du train permettant à celui-ci de circuler en autonomie sur tout type de voie et un service de cartographie.

Une deuxième série d’essais a été organisée en mai pour développer un système de conduite semi-automatisé(automatisation del’accélération et du freinage du train contrôlé par le conducteur) sur lemême train expérimental. Les voies de Busigny (Nord) ont testé les performances de freinage et l’automatisation de l’accélération de trains équipés de caméras infrarouges, de lidar (détection laser) et de radar. Le Regio2N modifié a parcouru 700 mètres 30 fois pendant lajournée avec une vitesse de pointe de 25 km/h.

L’enjeu du train autonome, avec plus d’intelligence à bord, est d’apporter des bénéfices concrets aux voyageurs : c’est la promesse d’un service ferroviaire qui offre une plus grande capacité – plus de trains et donc plus de voyageurs transportés-  une meilleure régularité du service, et donc plus de ponctualité et de sécurité. L’enjeu est également environnemental car le train autonome consommera moins d’énergie.

Après cette validation du premier niveau d’automatisation, la prochaine étape est le GoA3. Ce niveau d’autonomie supérieur comprendra la détection d’obstacles et le monitoring de l’environnement. Il devrait être atteint lors des prochains essais sur voie commerciale l’année prochaine.

Le projet de train autonome qui doit aboutir à la maîtrise de l’autonomie complète en 2023 est en bonne voie !