La transformation digitale des artisans d’art, une étape nécessaire

Illustration Artisanat

Les artisans disposent de plusieurs options pour développer son image et faire découvrir ses produits à sa clientèle. Nous connaissons les usages d’un site web véritable vitrine de ses savoir-faire et de ses produits. Les réseaux sociaux permettent de leur côté d’entretenir un lien direct avec des clients potentiels et toutes les applications du digital sont réalisables pour les métiers d’art.

 

Nous identifions donc plusieurs besoins et objectifs sectoriels.

 

Le premier besoin clair est un besoin de visibilité. Il est nécessaire pour les entreprises de pouvoir augmenter le trafic vers leur site et vers leurs ateliers.

Ce premier besoin est directement lié avec un autre objectif : celui d’être mieux compris et de susciter l’intérêt du grand public et des futurs consommateurs. Le goût du beau et du travail bien fait ne suffit pas à justifier pour le grand public une différence de prix avec les secteurs industriels. Une pédagogie forte est donc nécessaire pour instruire le public sur les savoir-faire employés et le temps nécessaire à chaque étape de la production.

 

Le besoin de cibler et hiérarchiser ses efforts.

 

« On ne sait pas par où commencer. Est-ce que je développe mon site ou mes réseaux ? Où est-ce que je dois faire de la pub aussi ? Pour quelqu’un qui ne connaît pas tous ces domaines c’est un sacré bazar et avec la meilleure volonté du monde je ne saurai pas où investir du temps. »

Un vrai besoin d’accompagnement est donc nécessaire pour réaliser des audits clairs et pouvoir aider les professionnels à orienter leurs efforts selon leurs besoins concrets.

 

Besoin d’indentification des clients

Fort d’une clientèle fidèle et locale pour l’essentiel des professionnels comme vu précédemment, tout développement commercial pose la question de qui cibler et comment.

Cela veut donc dire élargir son audience géographiquement et rend nécessaire la transition vers le e-commerce.

 

Besoin de gagner en productivité

C’est aussi se concentrer sur les étapes de production à haute valeur ajoutée de savoir-faire. Cela passe par une transformation plus en profondeur des process de production et de commercialisation mais qui sur le moyen et long terme servent profondément les gains d’autonomie pour les artisans.

 

Le numérique comme moteur de croissance des métiers d’art

 

Pour tous les marchés et tout type d’entreprise, l’innovation permet de développer ses capacités d’export et incarne l’essentiel des investissements.

En innovant les entreprises qui innovent permettent de créer de la valeur ajoutée et de développer de nouvelles opportunités de développement. L’innovation est donc un facteur clé et dans un secteur qui se renouvelle peu l’innovation est un levier important pour la demande.

Si les artisans ont mauvaise presse sur l’innovation c’est essentiellement lié au caractère traditionnel intrinsèque à leur activité. Les plus petites entreprises, qui constituent l’essentiel de l’écosystème que nous étudions, ont effectivement des moyens plus limités pour financer leurs innovations. Mais l’investissement peut aussi être intellectuel et les artisans ne manquent pas de ressource pour trouver des alternatives.

Innover est une partie du développement d’une entreprise gourmande en temps et en moyens techniques. La recherche étant plus compliquée dans des petites structures elles ne peuvent pas se permettre de créer des cellules de recherche. C’est en mutualisant leurs outils et leurs connaissances qu’il est possible de créer des synergies collectives et de démocratiser l’innovation dans les plus petits ateliers.

De nombreuses opportunités existent sans faire fit de la taille de la structure ou des produits réalisés. Le contexte socio-économique est particulièrement favorable à l’innovation et l’exigence culturelle du public tend à être de plus en plus aigue valorisant ainsi les productions artisanales. Le grand public s’engage de plus en plus vers des achats réfléchis et les tendances du Made in France, du consommer local prennent peu à peu le pas sur la consommation de masse.

La production occidentale change considérablement sous les problématiques de développement durable. Ces nouvelles philosophies de vie et de consommation remettent en cause tous les principes de production. On observe une quête d’authenticité, une valeur fièrement défendue par nos artisans.

Le consommateur est actif, se renseigne sur l’origine des produits, les hommes derrière la production, le caractère unique de leurs produits et le sur-mesure. Ce sont autant de facteurs que l’on retrouve dans les productions artisanales et on ne peut pas limiter les avancées technologiques aux nouveaux matériaux ou aux machines utilisées. La digitalisation mondiale a également ouvert la voie vers une prise de conscience collective cruciale pour comprendre les enjeux des métiers d’art.

Innover c’est s’appuyer sur plusieurs éléments clés : une société qui évolue, des matériaux nouveaux, une technologie qui répond à des besoins concrets et des mouvances culturelles adaptées à leur époque. C’est avec tous ces facteurs qu’une innovation assure sa pérennité et l’usage comme le facteur social doit être pris en compte dans son développement.