Depuis le début de la crise sanitaire, un point d’honneur est donné à l’écoute des artistes français, car l’avenir et la vitalité de la filière musicale française repose avant tout sur son premier soutient: les auditeurs. Top 5 des raisons d’écouter français (avec quelques idées de disques en bonus) :

5 – Parce que le revenu des artistes dépend de leur diffusion

On le dit souvent et on ne le rappelle jamais assez : les compositeurs, producteurs, éditeurs, toutes celles et ceux vivant de la musique vivent avant tout des diffusions des titres auxquels ils ont contribué. Jouer un titre produit par des artistes français constitue donc le meilleur moyen de s’assurer de leur subsistance, ou comment lier l’utile à l’agréable.

4 – Parce que les concerts, pour l’instant, c’est compliqué

Depuis le 11 mai 2020, les commerces sont autorisés à opérer selon de stricts critères de distanciation sociale. Si ces règles permettent de contenir une hypothétique seconde vague de l’épidémie, elles ne permettent cependant plus les performances de musique dans les salles et festivals. Les artistes-interprètes ne sont donc plus en mesure de se produire, jusque nouvel ordre. On pourrait souligner ainsi le poids disproportionné qu’a pris le live dans les revenus de la filière ces dernières années, mais c’est un débat pour un autre jour. Une chose à retenir : écouter et diffuser les artistes français aujourd’hui, c’est aussi garantir de pouvoir les voir en concert demain.

3 – Pour faire émerger de nouveaux talents français

Pendant le confinement, une occasion inédite s’est présentée : voir plusieurs concerts le même soir, et ce sans investir un budget taxi de plusieurs centaines d’euros. On a donc pu découvrir les salons et le talent d’artistes sans avoir à se déplacer. On retiendra par exemple l’initiative audacieuse et rafraichissante de la Sacem (car il faut prêcher pour sa paroisse de temps en temps), qui pendant tout le confinement a diffusé une délicieuse brochette d’artistes émergents et soutenus par ses services d’Action Culturelle.

À découvrir sur le compte Facebook de la Sacem.

2 – Parce que la filière affronte sa pire crise économique depuis les 20 dernières années

Les chiffres publiés la semaine dernière par le cabinet Ernst & Young pour l’Union des Producteurs Phonographiques Français Indépendants (UPFI) et le Syndicat National de l’Edition Phonographique (SNEP) sont sans appel. En 2020, la filière a perdu entre 15% et 20% de revenu, pire performance depuis la crise du disque. Il s’agit là de la pire performance de la filière musicale depuis la Crise du Disque.

Ajoutons à cela la fermeture de la plupart des commerces diffusant de la musique (coiffeurs, restaurants, bars…) pendant 3 mois, on obtient alors une recette fatale pour la musique enregistrée. Cela souligne dès lors le besoin impérieux de nos artistes à pouvoir continuer de vivre pour créer de nouvelles oeuvres propres à rendre nos existences faites de crises sanitaires et économiques un peu plus colorées…

1 – Parce que c’est de la bombe, en fait.

Mieux que d’expliquer pourquoi la Scène Française est luxuriante, pleine de regards et de sonorités qui ne méritent moins de rien que d’être écoutées, j’ai préféré vous recommander, et peut-être vous faire découvrir les artistes qui font vibrer ma chambre (et, malgré elle, celle de ma colocataire) :

Gabriel Auguste – Coups Bas

Hervé – Coeur Poids Plume

Aline – Je bois et puis je danse

Biche – La Nébuleuse de Sienne

Jumo – Et le vent ?

Dernier point : n’oubliez pas de les écouter de préférence sur une plateforme d’écoute autre que Youtube, les plateformes de streaming de type Deezer ou Spotify rémunèrent en effet (un peu) plus les artistes.