Le 1 er Août, au coeur de l’été, j’ai eu le plaisir d’échanger avec Patrick Perlmutter, un entrepreneur du Web 3, cofondateur de la société Lighthouse. Dans le cadre de mon mémoire MBA Digital Marketing and Business, qui porte sur le métavers et le progrès, j’ai souhaité mener une interview avec un professionnel du digital pour vous donner un premier éclairage sur le métavers. Le concept du métavers est en construction et c’est ce qui le rend passionnant. J’espère que cette interview attisera votre curiosité sur les sujets d’actualité du métavers, des blockchains et du web 3.

Lydia : Bonjour Patrick,  pourriez-vous vous présenter et ainsi que votre société?

Patrick:  Bonjour, je suis Patrick Perlmutter, le cofondateur de la société Lighthouse. L’activité de Lighthouse  est centrée sur  la gestion des contributions à une organisation ou une communauté décentralisée. Il s’agit d’établir une valeur et de la distribuer  aux différents membres de la communauté.
L’idée nous est venue d’un manque dans le Web 3, relatif à la notion de réputation des membres d’une communauté. Ce concept était très ambigu, et pouvait être appliqué de différentes façons, selon le contexte. L’approche de Lighthouse  est de permettre à toute communauté décentralisée, de construire cette notion de réputation. Le terme réputation renvoie à différentes notions: la notoriété, le statut social, les droits de gouvernance, l’identité. Ils permettent ensuite de déterminer les droits et permissions. 

La valeur distribuée à un membre reposait essentiellement sur celle du  token financier dont dépend le droit de gouvernance.  La richesse était  donc le seul critère. Or la société ne fonctionne pas de cette façon. Notre concept est de donner la possibilité dans le Web 3 , de valoriser à travers des unités qui sont émises, les contributions de chaque membre à la communauté. Par exemple, vous avez réalisé un ensemble d’actions et chacune des actions sera valorisée par une valeur. La communauté peut décider sur quelles règles va fonctionner la valorisation des contributions. Le statut social, qui est en quelque sorte le profil de la personne,   serait basé sur l’ensemble des contributions à la communauté.

Lydia: A quel stade d’évolution se situe votre société Lighthouse?

Patrick: La création de la société a eu lieu en Février 2022. Une levée de fond a été effectuée en Mars 2022 et nous avons réalisé 4 itérations produit.  La 4 ème version est actuellement au point sur la plateforme et nous commençons à y accueillir des communautés décentralisées.

Lydia: Sur une échelle de 1 à 10, à quel stade pensez-vous que le métavers se situe?

Patrick: Avant de répondre à cette question, peut-on tout d’abord donner une définition du métavers?

Lydia: merci Patrick de cette question. D’après les recherches que j’ai menées dans le cadre de mon mémoire, le métaverse n’existe pas encore.  Il est en construction. Différents acteurs travaillent sur son développement. Meta a affirmé sa stratégie de développer le métavers. Différentes expériences virtuelles et augmentées existent dans différents domaines. Les plateformes de gaming proposent aussi certaines aventures qui s’en approchent. Pour établir un métavers, l’espace doit être persistant, décentralisé, interopérable.

Patrick: Le concept du métavers est multiforme. Certains pensent par exemple que à partir du moment où il y a réalité virtuelle, il y a métavers. La définition peut être assez large. Dans tous les cas,  je pense que la blockchain a un grand rôle à jouer dans le métavers. La blockchain permet d’échanger de la valeur dans le métavers. Il permet de stocker, de sécuriser les données et de  créer de la confiance. La Blockchain sera indispensable au bon fonctionnement du métavers.

Lydia: Quel est donc selon vous Patrick,  le stade de développement actuel du Métavers? 

Patrick: Sur une échelle de 1 à 10, je dirai 2.

Lydia: A quel horizon, le Métavers sera-t-il  mature , 2 ans, 4 ans ou 10 ans?

Patrick:  Plutôt à horizon de 10 ans, je pense.

Lydia: Savez-vous si Google travaille sur le sujet du métavers?

Patrick: Je n’ai pas connaissance des avancées de Google sur le développement métavers, en revanche, Google travaille activement sur la blockchain.

Lydia: Quels seront les usages principaux  des métavers?Patrick: J’ai déjà expérimenté le métavers dans le domaine de la Mode. C’était il y a quelques mois et j’ai plongé dans cette expérience. On avait la possibilité d’essayer des vêtements et accessoires de la marque. Il est très difficile de dire quels usages vont émerger. Néanmoins la réalité immersive et virtuelle en 3D permet des développements intéressants visuels. Les domaines de la mode et du luxe vont s’y pencher.

Lydia: En quoi cette expérience métavers Mode consistait-elle? Pourriez-vous nommer cette expérience et nous dire en quoi elle était intéressante?

Patrick: J’ai été téléporté d’un univers à l’autre. Ce dont je me rappelle bien, c’est que je suis passé d’une dune de sable à l’atmosphère intimiste d’un intérieur.

Lydia: Lors de cette expérience, avez-vous eu  l’impression d’une totale immersion dans ces environnements?

Patrick: Cette expérience était intéressante mais perfectible. 

Lydia: Pensez-vous qu’il est  sera possible de passer plus d’une heure avec un casque et immergé dans une réalité virtuelle?

Patrick: Avez- vous, Lydia,  entendu parlé du transhumanisme?  C’est un mouvement qui s’appuie sur les progrès de la biologie et de l’intelligence artificielle. Ce mouvement préfigure la création d’un transhumain capable de dépasser l’homme avec des capacités supérieures à celles des êtres actuels. Nos consciences pourraient vivre dans des univers virtuels en s’affranchissant du corps. C’est ce qui pourrait être une forme du métavers abouti. Jusque là, nos corps vont toujours  être contraints par le physique. L’expérience utilisateur du Métavers sera assez inconfortable car liée à une expérience physique du métavers avec un casque et un “costume”.

Lydia: En quoi le métavers peut- il contribuer au progrès?

Patrick: Le métavers peut être aussi bien utopique que dystopique. Le métavers pourrait amener une forme de progrès grâce à la confiance établie par la blockchain. Néanmoins, la collecte des données pourrait être un danger et exacerber la surveillance des individus. Une forme d’économie de surveillance pourrait voir le jour.

Lydia: Que souhaitez- vous nous conseiller sur la posture et l’état d’esprit à adopter face au développement du métavers?

Patrick:  Je serai “friand”.

Lydia : Votre posture est donc d’être ouvert et positif. Souhaitez-vous partager une dernière pensée avec nous?

Patrick: Dans le métavers et la blockchain, je pense que le sujet de l’identité est crucial.

En effet dans la réalité: Un humain = une identité. Dans le métavers, on peut être qui l’on veut. Cela  signifie que l’on pourrait certainement s’affranchir de son physique et ne plus être jugé sur son apparence. Cela représente, selon moi, un avantage considérable.

Lydia: Je vous remercie Patrick de votre disponibilité à cette interview. Beau succès à vous et Lighthouse.

Pour agrémenter cette interview, si vous vous intéressez à la blockchain, je vous invite à aller voir la vidéo conçue par Angélique Hernandez sur le lien suivant:

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