Jeune lycéenne et avant de commencer mes études à l’EFAP, j’ai voulu en apprendre plus sur le monde de la communication en lisant quelques ouvrages de référence, dont “Petite Poucette” de Michel Serres faisait partie. Et inconsciemment, ce petit recueil d’une centaine de pages a changé ma perception des choses. Je vous présente ce manifeste :

Philosophe et historien des sciences, Michel Serres s’est penché sur la nouvelle génération, dont les messages fusent des pouces, qu’il baptise « Petite Poucette ». Pour l’auteur, cette génération n’a plus rien à voir avec la précédente. Formatée par les médias et la publicité, elle habite dans le virtuel. Un nouvel humain est né et nous sépare des années 1970 : la Petite Poucette. Cette « nouvelle version de nous-même » fait référence à l’utilisation de nos pouces sur les smartphones et a un rapport particulier au numérique, qui fait désormais partie de notre quotidien. Dans cette évolution constante, la part de responsabilité des jeunes prend alors tout son sens: c’est à eux de tout réinventer. Cela lance alors une profonde réflexion sur le nouveau rapport aux choses et aux êtres qui nous entourent.

3 faits sur l’auteur

– Professeur de philosophie à l’université, il commençait ses cours en disant : « Mesdemoiselles, Messieurs, écoutez bien, car ce que vous allez entendre va changer votre vie… »

– En 1990, il est élu à l’Académie française

– En 2012, il publie « Petite Poucette » aux Editions Le Pommier

3 faits sur l’ouvrage

– Un succès mondial : en 2013, soit un an après sa sortie, le livre a déjà été vendu à plus de 11 000 exemplaires dans le monde !

– Dans son œuvre, Michel Serres pose trois questions : Que transmettre ? A qui le transmettre ? Comment le transmettre ?

– Les réponses sont rapides : Que transmettre ? Le savoir ? Le voilà, partout sur la Toile, disponible, objectivité. Le transmettre à tous ? Aujourd’hui, l’ensemble du savoir est accessible à tout un chacun. Comment le transmettre ? Voilà, c’est fait. L’accès au savoir est désormais ouvert. Il est toujours et partout déjà transmis.

Petite Poucette a eu un succès mondial et a fait beaucoup parler de son auteur. Mais Michel Serres est l’un des rares philosophes contemporains à proposer une vision du monde qui associe les sciences et la culture, et a rédigé une quarantaine d’ouvrages, dans lesquels il a cherché les jonctions possibles entre sciences exactes et sciences sociales. Présentation de 2 autres ouvrages de l’auteur : 

C’était mieux avant, Michel Serres
  • C’était mieux avant ! (2017) : ce petit manifeste, écrit sur un coup de sang par l’auteur en colère s’attaque à dix “Grands Papas Ronchons” qui ne cessent de dire à Petite Poucette, chômeuse ou stagiaire qui paiera longtemps pour ces retraités, et répètent  » C’était mieux avant « . Ce livre est considéré comme la suite de Petite Poucette, dans laquelle Michel Serres s’exprime : “Cela tombe bien, avant, justement, j’y étais. Je peux dresser un bilan d’expert. Qui commence ainsi : avant, nous gouvernaient Franco, Hitler, Mussolini, Staline, Mao… rien que des braves gens ; avant, guerres et crimes d’État laissèrent derrière eux des dizaines de millions de morts. Longue, la suite de ces réjouissances vous édifiera. »
Nouvelles du Monde, Michel Serres
  • Nouvelles du monde (1997) : Michel Serres révèle au fil de courts récits un regard original sur tout ce qui nous entoure et notamment sur la nature. Jamais, par la suite, nous ne verrons de la même façon cette longue maison liquide qu’est le fleuve, ni ne pourront fouler avec indifférence une grève océane. Loin du monde « où les gens d’importance ne s’occupent que de dossiers », nous découvrons une nouvelle nature et des gestes simples et beaux. Mais ces Nouvelles du monde parlent aussi des hommes : farouches casseurs de pierres qui, sous l’effort, « s’ouvrent comme des livres ». Ainsi, croyant décrire un paysage, le conteur dit l’univers et, à donner des nouvelles d’un tel, il en dit de tout le monde.

Dans ces ouvrages, Michel Serres est l’un des rares philosophes contemporains à proposer une vision du monde ouverte et optimiste, fondée sur une connaissance des humanités et des sciences. Alors, en tant qu’étudiants du digital, au plus proche du monde et de ses habitants, nous nous devons d’interroger notre vision du monde s’adapter à tout ce nouvel écosystème. Alors, bonne lecture !

Edmée d’Andoque
MBA DMB Part1 2021-2022
@serialdigiteuse sur Twitter