Éloge à la nouvelle génération 

Philosophe et historien des sciences, Michel Serres s’est penché sur la nouvelle génération, dont les messages fusent de ses pouces, qu’il baptise « Petite Poucette ». Pour cet auteur, cette génération n’a plus rien à voir avec la précédente. Formatée par les médias et la publicité, elle habite dans le virtuel. Un nouvel humain est né et nous sépare des années 1970. Différence de corps et de langage, d’espérance de vie, de moyens de communication, et surtout, de perception du monde.

petite poucette

Dans son œuvre, Michel Serres pose trois questions :
Que transmettre ?
A qui le transmettre ?
Comment le transmettre ?

Force d’une génération ultra-connectée, les réponses sont rapides :
Que transmettre ? Le savoir ? Le voilà, partout sur la Toile, disponible, objectivité. Le transmettre à tous ? Aujourd’hui, l’ensemble du savoir est accessible à tout un chacun. Comment le transmettre ? Voilà, c’est fait. L’accès au savoir est désormais ouvert. Il est toujours et partout déjà transmis.

Petite Poucette cherche et trouve le savoir dans sa machine. Mais selon le philosophe, cette nouvelle génération n’en est pas moins dépourvue d’intelligence. «  Voilà une nouvelle tête, pas mieux faite, mais faite ailleurs, avec plus de capacités ». La machine nous soulage de toutes responsabilité et contrainte purement intellectuelles. Elle laisse ainsi place à l’invention.

Dans cette étude, Michel Serres n’est en aucun cas pessimiste. Les nouvelles technologies permettent à la planète, à l’humanité et la culture d’être à la portée de tous. Il s’agit ici pour lui, d’une modification de l’utilisation de notre cerveau, les nouvelles technologies révèlent des capacités nouvelles ! Et selon l’historien, il n’est autre que « le grand défi de l’Occident » que de s’adapter au monde qu’il a crée.