« Demain, tous Estoniens ? L’Estonie, une réponse aux GAFA » est ouvrage co-écrit par Violaine Champetier de Ribes et Jean Spiri en 2018.

Ce livre nous permet de comprendre comment l’Estonie est devenue l’un des pays les plus connecté au monde et le leader européen du numérique.

Il aura fallu trente années pour que l’Estonie, qui fonde la totalité de son administration sur le numérique, devienne la référence de la cybersécurité ainsi que le pays le plus connecté au monde.

Ce pays est considéré comme un « eEtat », comme une société numérique. Une véritable référence en termes de protection de données publiques.

Exemple : données bancaires / dossiers médicaux / déclarations de revenus, tout passe en ligne.

Comment cela s’est mis en place ?

Après la chute de l’URSS en 1991, l’Estonie est devenue indépendante et doit construire toute son administration, avec une population qui s’éparpille, avec environ 28 habitants au km2, le pays ne pouvait se permettre de financer des services publics dans chaque ville, et a donc choisit de passer par le tout-numérique.

Depuis les années 2000, le système d’échange de données du pays est une véritable colonne vertébrale qui se nomme la X-Road. L’ensemble des plateformes gouvernementales se basent sur cette infrastructure numérique, permettant la digitalisation de 99 % de ses services. Quelques exemples : la signature digitale, le vote électronique, l’e-Tax, le M-Parking, l’e-Police, l’e-Ordonnance.


La carte d’identité numérique fut mise en place très rapidement, actuellement 98 % de la population en possède une, permettant de voter, d’accéder aux transports en communs, de déclarer ses revenus, et même de se soigner.

Le gouvernement estonien est donc pensé comme une plateforme où le citoyen est en son centre, tout en étant en étroite collaboration avec le secteur privé et l’écosystème des start-ups. Parmi elles, deux ont initié la X-Road, Cybernetica et Guardtime, un des leaders de la de la sécurité technologique et de la technologie blockchain.

L’idée de l’Estonie était de généraliser Internet à la population, un succès quand en 2016, 92 % de la population est familier avec cet outil et permettant de générer des économies s’évaluant à 2 % du PIB estonien. L’accès à Internet est donc perçu comme un droit humain étant inscrit dans la Constitution du pays.

Cependant des inquiétudes existent dans ce modèle.

Effectivement, la gestion de la protection de données confidentielles reste un point sensible, laissant planer quelques méfiances de la population. Le piratage est massif de nos jours, même si la fameuse X-Road se veut être une référence mondiale en termes de sécurisation et protection de données. Une autre inquiétude est le risque de montée de partis extrémistes, qui pou aient prendre le contrôle de ces données et donc des vie privées des citoyens Estoniens. Des inquiétudes pouvant nous faire penser au fameux Big Brother. 

Le modèle estonien décortiqué :

Dans cet e-Etat, les administrations s’échangent les données entre elles, et chacun de ces échanges sont tracés et par la même occasion accessibles aux citoyens leur donnant une totale visibilité. La transparence sur la gestion des données est gage de confiance entre l’Etat estonien et ses citoyens.

La proximité avec les start-ups de la tech de son pays est un facteur d’optimisation et de développement constant de cet état numérique, par exemple, si la législation empêche certaines start-ups d’avancer, en 3 mois le gouvernement peut y remédier lorsque cela s’avère nécessaire. 

Le titre indique « une réponse aux GAFA », car à la suite d’un accord non trouvé en 2014 avec Microsoft pour gérer les stocks de données, cet état numérique s’est développé en cohésion avec les start-ups estoniennes, parmi elle, nous avons Skype (racheté par eBay en 2005), Wise pour les transferts d’argent sécurisés, Pipedrive pour les logiciels d’entreprises ou encore Bolt, concurrent européen de Uber.

L’Estonie est un modèle de simplification radicale des démarches administratives, il faut savoir que l’administration à l’interdiction de demander deux fois la même information à un citoyen, et cela, au cours de toute sa vie.

Toute démarche peut être réalisée en ligne à l’exception de trois d’entre elle, qui sont l’achat immobilier, le mariage et le divorce.
Par exemple, se font en ligne : 98 % des transactions bancaires, 95 % des ordonnances délivrées, 95 % des déclarations d’impôts et 1/3 des votes lors des élections européennes de 2019 se sont fait en ligne.

Enfin, l’Estonie, en termes de cybersécurité, se structure sur le principe de la blockchain, en n’ayant pas de centralisation des données mais au contraire une structure informatique dispersée garantissant donc une inviolabilité, de la transparence et la conservation de l’anonymat. 

Les points clés de cet ouvrage :

  • Partir de rien pour tout tenter ; avec la chute de l’URSS, le pays se retrouve sans administration et a opté pour le numérique et l’a inculqué à la population.
  • Mentalité DOERS, les estoniens ont le plus souvent avancé avec peu de moyens sous le régime soviétique, cette indépendance a été source d’optimisme notamment pour croire en des idées de niche.
  • Éduquer et informer sur le numérique pour établir la confiance.
  • Application des principes de la blockchain pour garantir la sécurité des données.
  • Mise en place de services accessibles, simples et pratiques pour l’ensemble de ses citoyens.