J’ai le plaisir de vous présenter mon interview de Lydie Lampin, réalisée dans le cadre de l’écriture de ma thèse professionnelle sur la mode durable face au digital.

 

Lydie Lampin a fait le MBA Digital Marketing & Business de l’EFAP en 2018. Son sujet de thèse était le suivant : « Personnalisation et technologies vont-elles révolutionner la chaîne de valeurs de la filière mode et luxe ? ». Avant cela, elle a travaillé plus de 20 ans à des postes de développement produit dans la mode et le retail, notamment chez Kenzo, Hermès ou Disneyland Paris.

 

Lorsqu’on associe les mots mode et digital, qu’est-ce que cela vous évoque ?

 

L’innovation. Je crois que c’est un des tournants que peut prendre la mode grâce au digital, que cela soit en termes d’innovation techniques, qu’en termes de communication. Comme j’ai pu le développer dans ma thèse professionnelle du MBA DMB, l’innovation est aujourd’hui de plus en plus présente sur toutes les étapes de la chaîne de valeur. Nous avons par exemple les entreprises qui créent désormais à la demande, ou bien celles qui ont cherché à développer des matières plus écologiques, plus recyclables.

 

Selon vous, peut-on aujourd’hui considérer le digital comme la clé des enjeux et du futur de la mode éco-responsable ?

 

C’est évident. Mais je dirais que ce n’est pas que ça. C’est d’abord la prise de conscience. La prise de conscience du monde. Il s’agit, pour chacun des individus, de prendre conscience du monde dans lequel nous vivons et des impacts de nos modes de vie et de consommation. Le digital aide évidemment en ce sens. Il accélère considérablement le mouvement.

 

Avez-vous vu votre métier se transformer au fil des années grâce ou à cause du digital ?

 

J’ai toujours voulu travailler dans la mode, être styliste. J’ai entamé une démarche sustainable il y a plusieurs années. J’ai d’abord pris conscience des impacts environnementaux du secteur. Mon second électrochoc a été de réaliser que l’entreprise dans laquelle je travaillais n’en tenait absolument pas compte.

Aujourd’hui, il est selon moi fondamental de s’y intéresser : la mode est la seconde industrie la plus polluante au monde. On ne peut plus ne pas se poser de questions.

Désormais, ma volonté est de travailler avec des structures qui mettent la durabilité et l’écoresponsabilité en avant, qui veulent que les choses changent. Ce sont des valeurs que j’ai besoin pour travailler dans une entreprise.

 

Pour vous, c’est quoi la mode 4.0 ? La mode de demain ? La mode idéale ?

 

Je suis très réaliste. Il ne faut pas se faire d’illusion. Tout ne peut pas être bouleversé du jour au lendemain. La jeune génération a de plus en plus conscience des enjeux du monde d’aujourd’hui. Il faut éduquer les gens : la prise de conscience passe par l’éducation.

Certaines alternatives durables ayant vu le jour vont continuer d’évoluer, quand d’autres vont disparaitre. De mon côté, l’upcycling me semble être une voie assez viable.

 

Aujourd’hui, quelle vision vous avez de la mode ? Comment consommez-vous ?

 

Il est certain que j’achète beaucoup moins que j’aurais pu le faire à une certaine époque. Je consomme davantage de produits issus de la seconde main. Je me pose des questions : où est-ce que c’est fabriqué, comment, par qui… ? Et surtout : en ai-je vraiment le besoin ?

 

Un grand merci à Lydie Lampin pour le temps qu’elle a bien voulu m’accorder pour réaliser cette interview.