Interview d’un professionnel du digital

Interview d’un professionnel du digital

Dans le cadre de mes études au MBA DMB, j’ai eu l’occasion d’échanger avec Carl Schroeder Team lead SEA chez Ad’s up Consulting. Nous avons principalement parlé de ses missions quotidiennes, son parcours, mais surtout de l’impact du RGPD sur le SEA qui risque de s’accentuer au vu de la disparition des cookies tiers en 2024.

Interview de Carl Schroeder – Team Leader SEA – Ad’s up Consulting

 

Est-ce que tu peux te présenter ? Ça fait combien de temps que tu es chez Ad’s up ? Quel est ton parcours et quelles sont tes missions quotidiennes ?

 

Je m’appelle Carl Shroeder, et ça fait quatre ans et demi que je travaille à l’agence En tant que consultant SEA puis Team Leader désormais. Avant cette expérience, j’ai travaillé trois ans dans le marketing digital sur des leviers divers et variés comme l’affiliation, le SEO, le community management et le social média Ads. J’ai aussi travaillé sur des leviers d’acquisition telles que le blogging et le management d’influence avec des blogueurs connus etc. Pour finalement me spécialiser dans le SEA depuis quatre ans et demi. Au quotidien, mon travail consiste à gérer un portefeuille client d’une dizaine de clients, allant du petit commerçant au business plutôt B2B et la génération de lead. Les budgets des clients mensuels peuvent aller de 10 000 € à 200 000 € en fonction du client. J’encadre aussi les portefeuilles clients de mon équipe constituée de trois personnes pour les faire monter en compétence et atteindre des objectifs de chiffre d’affaires au sein de l’entreprise.

 

On parle beaucoup de RGPD et de disparition de cookies tiers, en quoi cela va impacter ton métier et les campagnes SEA ?

Les récentes problématiques RGPD ont effectivement totalement bouleversé le paradigme dans lequel les agences de marketing digitale et le marketing digital en général. Depuis quelques années, nous utilisons les cookies tiers afin d’avoir un suivi sur les actions que les internautes peuvent avoir sur nos sites, que ça aille de l’achat à l’ajout au panier, à l’inscription à la newsletter, ainsi que n’importe quelles actions possibles sur un site web. C’est avec ce tracking que nous calculons la rentabilité des campagnes et c’est également ce tracking qui permet aux entreprises de dresser des plans média, d’allouer des budgets et de baser toute la stratégie. La disparition des cookies tiers va donc retirer ces informations, il va obliger les agences ainsi que les entreprises et les marques à non plus se baser directement sur des chiffres d’affaires réels, mais à se baser sur des modélisations de données fictives qui vont être prédites par des algorithmes. Les entreprises vont donc devoir modifier la façon dont elles prévoient leur budget et non plus se fier à une rentabilité réelle.

 

Comment surmonter cette disparition et quelles solutions seront mises en place ?

Pour surmonter la disparition des cookies comme je le disais tout à l’heure, il va y avoir la modélisation des données par des algorithmes qui vont simuler des chiffres d’affaires en fonction des données qu’elles auront accumulées jusqu’ici. Il y a aussi différents outils comme le suivi avancé des conversions et le mode de consentement qui sont deux outils créés par Google qui permettront de contourner la législation RGPD pour remonter même sans cookies les chiffres d’affaires. Mais dans une vision plus globale, c’est vrai que le parcours client est devenu tellement compliqué et long que l’attribution des données et le chiffre d’affaires qui est attribué à tel ou tel levier devient de plus en plus flou. Les intentions d’achat maintenant peuvent arriver sur des leviers comme YouTube, comme Gmail, comme l’affichage dans la rue, comme le bouche-à-oreille comme les comparateurs de prix et le parcours est trop compliqué pour vraiment fixer un chiffre d’affaires précis à chaque levier. Nous allons devoir nous fiez de plus en plus aux algorithmes qui seront les plus à même de cibler les bonnes personnes aux bons moments.