J’aime lire toutes sorte de livres. La période actuelle de ma formation au MBADMB est propice à la lecture de livres pour approfondir des sujets de cours. Faisant une « pause » dans la catégorie du digital, j’ai lu « Choisissez tout » de Nathalie Loiseau. Il existe toutefois un lien avec ce livre et mon futur domaine d’activité. Pour le comprendre, je vous invite à lire cette fiche de lecture.

couverture du livre Choisissez Tout de Nathalie Loiseau

Nathalie Loiseau, fillette dans l’école française des années 80.

Dans la première partie du livre, l’auteure nous raconte son enfance de petite fille à l’école en France dans les années 80. À cette époque, les enfants sont encore considérés comme des êtres à part des adultes. Ils n’ont pas leur place à table avec les parents et dînent dans la cuisine. Ils ne doivent pas attirer l’attention en classe, les gauchers sont parfois incités à écrire avec leur main droite (expérience vécue par l’auteure). Avec ses 2 ans d’avance en élémentaire, Nathalie Loiseau a très vite développé une stratégie pour survivre dans ce milieu. Son mot d’ordre : discrétion. Ne pas faire de vague, prendre rarement la parole en classe, travailler dans son coin. Grâce à ses facilités, cela ne l’a pas empêché d’être première de la classe tout au long de sa scolarité. 


Bientôt la parité dans les études supérieures ?

Dans son livre, Nathalie Loiseau s’interroge sur la problématique de la sous-représentation des femmes dans les études supérieures. Son constat est simple, les filles sont en général plus brillantes que les garçons à l’école. Du moins, elles répondent plus à ce que leur demande l’éducation nationale en termes de comportement et de discrétion. Néanmoins, le pourcentage d’étudiantes dans l’enseignement supérieur est inférieur à celui des étudiants. Mais alors, comment l’expliquer ?

Plus tard dans sa carrière au poste de directrice de l’ENA*, Nathalie Loiseau raconte comment l’une de ses missions était d’augmenter le ratio de femmes se présentant au concours, et, par suite logique, dans l’école. Une tâche plus difficile qu’il n’y parai. Il ne suffit pas de dire aux femmes que l’ENA leur ouvre leur porte. Il faut qu’elles candidatent d’une part, puis se projettent dans la future carrière qui en découle. Il faut surtout que les jurys jugent les candidates de la même manière que les candidats, et cela, même de la part des jurys femmes. Quand il s’agit de préjugés aussi vieux que le sexisme, il n’est pas inné de se défaire de ses biais, même pour les femmes elles-mêmes. 

*ENA : Ecole Nationale d’Administration. Depuis le 31 décembre 2021, l’ENA a été remplacé par l’INSP (Institut National du Service Public). 

 

Un message pour toutes les femmes.

Riche de ses nombreuses expériences professionnelles à l’étranger, Nathalie Loiseau passe en revue dans son livre une partie des évènements dans la vie des femmes qui explique ce manque de confiance en soi. Il en existe probablement d’autres, ou du moins sont-ils différents d’une femme à l’autre. Néanmoins, depuis l’école, les injonctions familiales et sociétales, conscientes ou inconscientes, font que les femmes ne se sentent pas légitimes dans un parcours d’études supérieures ou dans des postes haut placés. Ce livre a pour but de faire prendre conscience à toutes les femmes qu’elles peuvent prendre leur destin en main et qu’elles n’ont pas à brider leurs ambitions. Il est possible de tout choisir, une vie familiale ET professionnelle, des responsabilités dans son travail ET des horaires de bureau décents.

 

Les femmes dans la tech.

8 ans après la parution de ce livre (le livre est sorti en 2014 en France), force est de constater que la proportion des femmes dans certains secteurs est encore trop faible, comme dans la tech ou l’innovation. À croire que chaque nouveau secteur d’activité est d’abord investi par les hommes naturellement, comme si les femmes ne s’autorisaient pas s’engager dans cette voie nouvelle. Ce cercle répétitif crée ensuite une situation où les femmes doivent se battre pour investir ce milieu. 

Heureusement, des initiatives existent pour briser le cercle infernal. Des collectifs s’établissent comme 50 in tech qui a la vocation d’accélérer l’embauche des femmes dans la tech. C’est aussi au quotidien, dans les écoles et dans nos paroles que nous pourrons changer la donne. Montrer à toutes les filles et à toutes les femmes que leur place est partout, qu’elles n’ont pas à choisir, et qu’elles peuvent tout avoir.