Autrefois plus anecdotique, le secteur de l’ Economie collaborative a explosé et entre dans une phase de maturité. Airbnb (location entre particulier), Zilok (location d’objets entre particuliers), Bla Bla car (covoiturage), etc … cette « nouvelle » économie touche tous les secteurs d’activités.

L’année 2016 a été marquée par un fort développement de cette activité bien sûr mais aussi par une volonté de la part de l’état d’encadrer et de légiférer l’ Economie collaborative : revenus non déclarés, concurrence déloyale, protection des travailleurs…

Retour ci-dessous sur les défis à relever de l’ Economie collaborative.

L’ Economie collaborative : qu’est-ce que c’est exactement ?

economie collaborative : les sites

 

Selon l’Alternatives Economiques, datant de novembre 2015 :

« L’ Economie collaborative désigne un ensemble d’activités visant à produire de la valeur en commun et reposant sur de nouvelles formes d’organisation du travail (structure plus horizontale que verticale, mutualisation des espaces, des outils et des bien). L’accent est mis sur l’usage plutôt que sur la possession et sur l’organisation de citoyens en réseaux via des plateformes internet.»

Cette économie regroupe aussi bien des plateformes d’échanges de biens et services entre particuliers (sans recherche de profit) que des plateformes d’offres commerciales.

En France l’Economie collaborative représente 3,5 milliards d’euros de CA en 2015, elle concerne maintenant la majorité des secteurs économiques.

Louer un appartement, trouver un objet à moindre cout, voyager .. les sites d’économie du partage sont aujourd’hui rentrés dans les habitudes de consommation de français. En 2014, 70 % des internautes français ont acheté ou vendu sur des sites de mise en relation entre particuliers. La France est particulièrement dynamique ou pas moins de 276 plateformes collaboratives coexistent.

Quelle fiscalité pour l’ Economie collaborative ?

Le plus souvent les particuliers qui proposent un bien ou un service recherchent un complément de revenu, et certains en font une véritable activité.

Cette manne financière « échappe » aujourd’hui aux taxes, impôts et autres.

Le gouvernement entend donc clarifier la distinction entre revenus, partage de frais (comme par exemple le covoiturage) et activité professionnelle.

En parallèle, la réforme de décembre 2016 va obliger les particuliers à verser des cotisations sociales à partir d’un certain seuil. De plus tous les « revenus » générés devront être déclarés au fisc. (via les plateformes à partir de 2019).

Economie collaborative et protection du salarié ?

Le développement de cette économie a vu l’émergence de nouvelles formes d’emploi. Des formes d’emploi hybrides, à la frontière du salariat se développent : portage salarial, franchise, auto entrepreneur etc…

Le statut d’autoentrepreneur par exemple est particulièrement utilisé en France, pour les entreprises ce système à l’avantage de faire diminuer les couts et offre une flexibilité maximale, pour l’auto entrepreneur il est en direct avec son client, décide lui-même de ses heures de travail et peut cumuler différentes activités. Le souci est le côté précaire et instable de ce statut : les travailleurs ne bénéficient pas de la protection du statut de salarié (pas de contrat de travail etc…) et sont surtout dépendants économiquement de la plateforme.

Quelle solution dans ce cas ? Des voix s’élèvent de plus en plus pour plus de protection pour les travailleurs des plateformes, cela pourrait passer éventuellement par un nouveau régime pour les travailleurs de l’Economie collaborative. Pour que cela soit possible, « responsabiliser » les plateformes à plus de transparence, d’information et de non-discrimination est indispensable A ce jour cette question reste ouverte.

Economie collaborative et concurrence déloyale ?

Colères des chauffeurs de taxi contre Uber, des hôteliers contre Airbnb … cette année 2016 a été riche en désaccords et affrontements entre des « coopérations » établies depuis longtemps et les acteurs plus récents de l’ Economie collaborative.

Concurrence oui c’est sûr, déloyale ? Les avis sont très partagés, ce qui est certain c’est que l’ Economie collaborative bouscule les règles du jeu, impose de nouveaux modes de fonctionnement et oblige les acteurs historiques à se remettre en cause, à sortir de leur « zone de confort » et à s’adapter.

Perte de sens de l’ Economie collaborative ?

Depuis quelques temps, les critiques se multiplient, selon certains l’ Economie collaborative a été vidée de son sens par des plateformes comme Uber et Airbnb qui auraient perdu les valeurs « sociales et solidaires » du début pour développer un business « mercantile » éloigné de la notion d’intérêt général induit par le terme « collaboratif ».

Effectivement des sociétés comme Air bnb n’ont pas pour finalité de mettre en contact 2 usagers mais plutôt une finalité de faire du business et donc des profits. Ces plateformes collaboratives sont en fait devenues des plateformes commerciales, elles se professionnalisent et sont devenues des acteurs puissants de l’économie.  Le côté « pair to pair » fondant l’ Economie collaborative est passé au second plan.

Il est donc temps de faire la distinction entre ces entreprises « à la Uber » et la vraie Economie collaborative qui se rapproche de l’économie sociale et solidaire. Les plateformes ont donc aussi intérêt à renouer avec les valeurs qui ont fait leur succès. Elles devront certainement se rapprocher des usagers et leur proposer d’être acteur d’un projet global.

Pour conclure, l’année 2017 devrait être une année charnière pour l’ Economie collaborative. De nombreux défis attendent les acteurs de ce secteur. Fiscalité, protection des salariés, concurrence déloyale, perte de sens… plus que jamais  un travail en profondeur est indispensable pour repenser cette économie et ne pas mettre en péril son développement.