Dans le cadre de la réalisation de ma thèse professionnelle, j’ai eu la chance de pouvoir m’entretenir avec la responsable des réseaux sociaux du média Tapage : Tiphaine Guéret. Tapage est l’une des référence en matière de féminisme en ligne. Proche du féminisme intersectionnel, le média partage des valeurs inclusives à travers divers formats, toujours dans une démarche pédagogique. Voici un extrait de notre conversation :

C. Comment est-ce que tu définirais le média Tapage ? 

Tiphaine : Tapage est un média féministe et engagé, principalement actif sur notre Instagram. Nous créons et partageons du contenu sur les réseaux sociaux. Selon nous, on traite de sujets qui méritent d’être traités, et on essaie d’être les plus pointus possible dans tous nos messages. On veut vraiment prendre le contre pied de la totalité des sujets que l’on traite. C’est important pour nous d’avoir un fil rouge sur notre ligne édito. Les thématiques que l’on aborde sur Tapage sont souvent des sujets dont on doit parler et qui vont faire parler. 

C. Qu’est-ce que tu penses de l’émergence des médias féministes sur les réseaux sociaux ? 

Tiphaine : Je trouve que l’émergence des médias féministes est, dans sa globalité, une très bonne chose. Cela permet l’accès à l’information de manière plus simple et bien plus rapide. Cependant il y a certaines limites à cela je pense. Que ce soit sur les réseaux sociaux ou sur Internet en général, le pouvoir des algorithmes est très puissant, parfois même un peu trop. C’est -à -dire que l’on va tomber sur du contenu relatif à ce qu’on consomme déjà. Si on regarde bien, les réseaux sociaux donnent une liberté presque absolue, tout le monde peut s’y exprimer. C’est une très bonne chose car c’est relatif à la liberté d’expression un droit fondamental. Mais on peut également se poser la question des limites de ces plateformes de partage. Demain je peux créer un compte instagram et raconter tout et n’importe quoi, sur n’importe quel type de sujet. Le côté positif du boom des réseaux sociaux et du digital en général c’est le fait de pouvoir éduquer les gens et d’essayer d’éveiller les consciences. Aujourd’hui les contenus sur les réseaux sociaux sont accessibles gratuitement, à toutes et tous. Néanmoins il faut se rendre compte que cela ne fait pas tout. Oui, il y a aujourd’hui un gros mouvement féministe qui traverse Instagram, Twitter et TikTok, mais les limites sont très vastes. Ce n’est que mon avis mais je ne pense pas que la présence féministe sur les réseaux sociaux pourra changer concrétement les problèmes au sein de notre pays. Tous les problèmes relatifs au patriarcats ne vont pas évoluer grâce au militantisme en ligne. Ce sont les lois qui changent les choses. Malgré toute la bonne volonté du monde, les réseaux sociaux ne peuvent pas changer les lois. 

C. Comment fais-tu pour créer un contenu percutant de manière aussi régulière ? 

Tiphaine : Honnêtement je passe clairement mes journées à me renseigner sur le mouvement, et les différentes causes. En ce qui concerne la réalisation et la création de contenu, il est nécessaire d’être en veille permanente. Toute la journée je fais des recherches, j’écris, je crée des formats, des textes qui vont permettre d’éduquer les gens. On essaie de toujours se renseigner un maximum avant de traiter un sujet. On cherche des avis d’experts, on se remet en question, on fait en sorte de se saisir des sujets pour pouvoir communiquer dessus. 

C. De quelle manière gères-tu la charge de travail et l’organisation des contenus ?

Tiphaine : J’ai la chance d’être passionnée par mon métier et c’est ce qui m’aide dans mon travail tous les jours. Au quotidien je dois faire preuve de beaucoup d’écoute et je dois surtout avoir la capacité de me remettre en question, de pouvoir rebondir rapidement. Mais le plus important c’est la capacité d’adaptation. Nous devons nous adapter à tous. Que ce soit aux consommateurs, à l’algorithme et bien sûr aux tendances. 

En interne on se préoccupe souvent de la précision de l’information que l’on partage, de l’importance d’utiliser les bons mots. Nous sommes face à des sujets importants et parfois très délicats, il est donc primordiale pour nous de savoir nous remettre en question perpétuellement. Cela met une pression supplémentaire, surtout lorsqu’on a une audience en pleine croissance comme la nôtre. On peut parfois faire face à quelques doutes tels que : la peur de ne pas utiliser les bons mots, que la nature de nos propos soient mal interprétés etc. 

En ce qui concerne l’organisation des contenus, simplement avec un calendrier éditorial précis que nous devons respecter.

Quelques exemples du contenu proposé par le média Tapage

Retrouver le compte Instagram de Tapage en cliquant ici