Avec le recours massif au télétravail, le temps d’écran a considérablement augmenté pour tous les secteurs de métiers confondus. En plus de travailler quotidiennement sur ordinateur, nous sommes près de 42 Millions d’utilisateurs de smartphones en France. Alors que les scientifiques et psychologues tirent la sonnette d’alarme et nous incitent à appuyer sur « off », la déconnexion est-elle un effet de mode ou une nécessité ? 

La dépendance aux technologies numériques devient un sujet sérieux et préoccupant

Le saviez-vous ? En 2019, 85 % de la population française utilisait internet, selon le DESI (Digital Economy and Society Index). Pas étonnant quand on sait que les Français consultent leurs smartphones au moins 26,6 fois par jour en moyenne. Pour ceux qui ont entre 18 et 24 ans, ce chiffre double pour atteindre 50 fois par jour. C’est une réalité : aujourd’hui, il est difficile, voire presque impossible, de se passer du numérique.  

Utiliser les technologies numériques est devenu une nécessité, que ce soit pour travailler, communiquer avec nos proches, écouter de la musique ou faire nos courses… Nous sommes dépendants de nos écrans et d’autant plus depuis la pandémie ! 

Quand devient-on un « hyperconnecté » ? A partir de plus de 3 heures d’utilisation d’internet par jour. Nous sommes donc nombreux à rentrer dans cette catégorie d’accros des écrans. Mais cela n’est pas sans risques. Si l’effet d’un usage excessif des technologies numériques est encore méconnu, la méfiance est de rigueur. Les scientifiques, médecins et psychologues, presque tous unanimes, recommandent de faire des pauses et nous encouragent notamment à prendre de la distance avec nos chers smartphones. Notre dépendance aux écrans est désormais un sujet sérieux et préoccupant. 

Y compris pour les entreprises, qui attachent aujourd’hui une importance cruciale à ce phénomène. Car l’équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle a été bouleversé avec la pratique accrue du télétravail. Certains grands Groupes se dotent même à de logiciels pour limiter l’utilisation des ordinateurs par leurs collaborateurs, au-delà de certaines heures. Dans cette même optique, de nombreux influenceurs avouent avoir besoin de se déconnecter pour préserver leur santé mentale. Des « digital breaks » qui oscillent de quelques jours à plusieurs semaines.  

La « digital detox » : quel intérêt ?

A la mode en ce moment, la « digital detox » se résume en un jeûne, non pas alimentaire mais numérique. L’objectif ? Prendre de la distance avec internet, cesser de sursolliciter notre cerveau et préserver notre équilibre psychique, pour nous concentrer sur l’essentiel : la vie réelle, la vraie. 

Pourquoi prendre de la distance avec le numérique ? D’abord pour en tirer le meilleur. Bien sûr, les outils numériques nous aident quotidiennement. Trouver une recette, faire ses courses, se renseigner sur un sujet n’a jamais été aussi simple, notamment depuis l’arrivée de la recherche vocale, parce que nous vivons dans l’instantanéité. Mais internet n’a pas que des avantages.  

Les dangers sont nombreux et guettent notamment les plus jeunes : troubles de la concentration et du sommeil, altération de la mémoire, diminution de l’estime de soi, anxiété et agressivité… Notre santé mentale est mise à l’épreuve et menacée. 

C’est dans cette optique que la « digital detox » intervient. Elle contribue à sortir de la dépendance liée aux outils numériques, mais aussi à lutter contre l’angoisse et l’isolement engendrés par une utilisation excessive d’internet. 

Réduire notre temps d’écran et acquérir les bons gestes

Entreprendre une « digital detox », cela ne signifie pas nécessairement se couper intégralement d’internet. Non, cela passe par des actions toutes simples. C’est d’abord limiter son temps d’écran. Ainsi  suffit-il de programmer une alarme ou de minuter notre temps passé sur smartphone ou ordinateur. L’idée est de consacrer du temps à une autre activité : lecture, sport, couture, bricolage, cuisine, jeux de société… Certains créneaux horaires peuvent également exclure l’utilisation des écrans, par exemple en fin de soirée. Dans l’idéal, cessez de surfer sur internet au minimum 1 heure avant de dormir, car la lumière bleue de l’écran crée un signal d’éveil pour le cerveau. 

La « digital detox », c’est aussi une manière efficace d’acquérir les bons réflexes pour se protéger des dangers d’internet. Le but est de reprendre le contrôle sur ce que nous voyons et ce que nous entendons. Pour chasser les fausses informations et avoir l’esprit clair, il peut être intéressant de consulter les rubriques « anti fake news » créées par certains grands médias comme l’Agence France Presse ou Le Monde. C’est comme cela que nous arriverons à prendre du recul.

De même, la violence en ligne est omniprésente. Il est essentiel de s’en protéger, quelle qu’en soit la cause : jeux vidéos, cyberharcèlement… Les risques d’une exposition à la violence sur internet peuvent être graves. Cela peut mener à un schéma de reproduction de la violence ou pire, à une insensibilisation. Parmi les solutions, installer un filtre sur notre moteur de recherche peut être un bon premier pas, tout comme le fait de signaler et bloquer les personnes mal intentionnées sur les réseaux sociaux.

De nombreux moyens existent et permettent de réduire notre usage d’internet. Le plus important est d’y aller progressivement, en s’habituant étapes par étapes à des périodes sans écrans.