Ouvert. Fermé. Ouvert. Fermé. L’ouverture d’un disquaire pendant la pandémie, c’est un peu comme être pris au piège dans un labyrinthe. Au bout d’un certain temps, vous vous sentez presque sûr de vous diriger dans la bonne direction avant de vous retrouver dans un endroit qui ressemble beaucoup à celui dans lequel vous avez commencé votre expédition.

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Un goût amer pour les collectionneurs

Pour beaucoup d’audiophiles, difficile de se défaire de cette addiction étrange à la poussière sur le bout des doigts et à l’odeur humide des disques de seconde main trainant dans l’arrière boutique. Le Click and Collect résonne dans beaucoup d’esprits comme une cure de désintoxication forcée. Plus de surprise, plus de mystère, plus d’odeur, plus de toucher. Lorsque le coronavirus a frappé, l’aura des magasins de disques a été mise en sourdine. De nombreuses boutiques ont rapidement modifié leur modèle d’entreprise pour se consacrer au commerce en ligne et compenser la perte des achats physiques. Cependant, sans la recherche, le voyage et l’échange, il est certain que réduire l’expérience à un simple achat fait perdre au digging une partie de son identité.

Quel avenir pour les disquaires ?

Selon des chiffres récents de la Sacem, le secteur de la musique comptabilise des pertes avoisinant les 5 miliards d’euros depuis les premières mesures de confinement. L’arrêt des concerts, la fermeture des discothèques, bars et restaurants impactent fortement cette recession. Si cela a été un coup dur pour l’industrie musicale dans son ensemble, pour la première fois depuis 1986, les ventes de vinyles ont dépassé celles du CD, selon la base de données de la RIAA (Recording Industry Association of America). Les ventes de vinyles ont augmentées de 11,2% passant de 8,3 millions en 2019 à plus de 9,5 millions en 2020. Ces chiffres démontrent que malgré la pandémie et la fermeture des magasins, la demande est toujours bien présente. N’en déplaise aux conservateurs. La boutique en ligne, le Click & Collect et la livraison locale ont permis de maintenir en vie beaucoup de record shops indépendants.

La pandémie du covid-19 a transformé radicalement le model des boutiques traditionnelles, centré sur les achats en magasin, sans projet de présence en ligne en dehors des médias sociaux. Seule une partie d’entre-elles possédait un catalogue sur la plateforme Discogs, majoritairement destiné à la vente de leurs collections les plus rares. Pendant les mois de fermeture forcée, les disques spécifiques à vendre sur instagram se sont mulitipliés sur les interfaces de chaque enseigne. Premier arrivé, premier servi, avec livraison gratuite et paiements effectués numériquement. Cette évolution a permis dans certains cas d’atteindre une nouvelle clientèle, parfois même souvent en dehors de la zone géographique du disquaire.

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Click & Collect : Une carte interactive qui référence les disquaires indépendants

En France, pour accompagner les disquaires indépendants dans leur processus de “digitalisation” et encourager la mise en place du processus de click & collect le CALIF (Club Action des Labels et Disquaires Indépendants Français) propose une carte interactive répertoriant toutes les boutiques de France et savoir si elles offrent le service “Click & Collect”.

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Digger, ce n’est pas seulement une métaphore pour le commerce de disques, c’est souvent littéral. Je me suis toujours serré contre des inconnus debout pour m’asseoir par terre et feuilleter des pochettes, tourné mon corps vers son profil le plus mince pour serpenter entre les caisses de disques. Ces jours-là, sont pour le moment révolus. En attendant la réouverture de ces commerces non-essentiels bien que profondément indispensables me concernant, let’s Click & Collect.