Les musées en 2021

Après près de deux années marquées par la pandémie et les confinements à répétition, le secteur du tourisme a dû faire face au manque de visiteurs et se réinventer afin de palier ce manque.

L’année 2021 n’ayant pas été épargnée par ce manque, je trouvais intéressant de rebondir sur l’article que Malou GUYOMAR avait réalisé à ce sujet en 2020.

 

Un bilan qui reste inférieur à l’avant covid

Les visites dans de grands établissements comme le Louvre, le château de Versailles ou le musée d’Orsay, ont vécu une nouvelle année cauchemardesque en 2021, malgré une remontée sensible des visiteurs par rapport à 2020.

Le Louvre, contraint de fermer du 1er janvier au 19 mai 2021, a accueilli 2,8 millions de visiteurs, soit 100.000 de plus qu’en 2020. C’est toujours un recul de 70 % par rapport aux 9,6 millions de l’avant-Covid, en 2019. Même s’il a redressé la barre à l’automne, accueillant plus de public en octobre/novembre que durant tout l’été, le musée a vu sa billetterie chuter de 80 millions d’euros par rapport à 2019.

Même déception à Versailles, qui n’a accueilli que 2,2 millions de visiteurs. Le Musée d’Orsay a enregistré 1,4 million d’entrées contre 1 million en 2020. Le Centre Pompidou (1,5 million de visiteurs en 2021) augmente de 64 % par rapport à 2020, cependant très en deçà de sa fréquentation de 2019 (3,3 millions) avant le Covid.

Également privés des visiteurs internationaux en raison de la pandémie, les établissements savent que le retour à la normale sera long.

Pour faire face à cette situation, les musées se sont tournés vers le développement de stratégies numériques, à l’image du Louvre qui compte aujourd’hui 10 millions d’abonnés en ligne.

Le-louvre-2021

Durant le premier confinement, le musée a observé des pics de visites de son site s’élevant à 400 000 contre 40 000 visites habituellement. Les réseaux sociaux sont également en constante croissance, avec 4,8 millions d’abonnés sur Instagram soit une augmentation de 9% par rapport à 2020. À la mi-décembre 2021, l’établissement a par ailleurs lancé « Louvre + », un nouvel espace où plus de 500 vidéos, podcasts, conférences et concerts sont disponibles gratuitement, dont plusieurs spécialement dédiés aux enfants.

Les musées se développent donc avec des stratégies digitales et numériques pour fidéliser et attirer un public qui manque à l’appel.

L’avènement des visites virtuelles

En effet, la crise sanitaire a accéléré l’offre et la consommation d’expositions virtuelles et de visites en ligne. Si ce marché est encore en développement et peu exploité, il commence à se structurer, ouvrant de nouvelles perspectives.

C’est aussi grâce aux derniers logiciels numériques que des visites de qualités peuvent être créées, enrichies par énormément de contenus. Le marché devenant encore plus concurrentiel avec ce contexte sanitaire a contribué à un développement rapide et fonctionnel de ces logiciels de création. L’appel aux start-ups  pour des demandes de création de visites virtuelles se sont donc multipliées au cours de ces derniers mois.

Mais qu’est ce qu’une visite virtuelle?

Une “visite virtuelle” pour désigner différentes formes de visites en ligne. Derriere ce terme se trouve également différentes technologies. 

visite-virtuelle

La visite guidée à distance permet au visiteur de suivre en direct un guide sur place, muni d’un appareil ou d’une caméra 360°. En terme de technique, cela requiert une certaine logistique et une connectivité suffisante pour être transmise . 

La visite 360° permet elle de se déplacer dans un modèle 3D de l’espace numérisé au préalable, seul ou également avec un guide-qui n’est pas nécessairement en direct. Elle peut être enrichie par des audioguides, des vidéos, des photos haute définition… Cette numérisation est à l’origine utilisée dans l’immobilier.

Si, à court terme, la réouverture des lieux culturels va se recentrer sur les visites et experiences physiques, les institutions identifient déjà le potentiel pour les écoles, les publics éloignés géographiquement (notamment étranger), mais aussi les publics dits « empêchés » pour des raisons de handicap.

L’intérêt pour les musées

Créer une visite virtuelle a un coût, bien que celui-ci soit marginal dans le budget total de production d’une exposition. Il est en moyenne de 3 000 à 15 000 euros, selon la surface à numériser et l’ajout de contenus. Mais cela ne peut aller sans un investissement du musée en matériels et logiciels.

De plus, c’est au choix du musée de commercialiser ou non ses expositions et visites en ligne. La question peut en effet se poser selon le public visé, mais également selon l’experience proposée.

la-joconde-visite-en-ligne

Des musées ont cependant compris l’utilité de ces dispositifs qui vont au-delà de l’outil de culture et vitrine. En effet, la numérisation d’une exposition permet de garder une trace de la scénographie, du parcours utilisateur. Ces visites à distance ne sont pas un remplacement ni un frein à la visite physique. Elles y incitent au contraire un fort intérêt. 

Il ne faut donc pas dissocier l’outil numérique de l’exposition physique : ils doivent aller de pair.

La légère progression de 2021 n’était donc pas assez suffisante et la meilleure année pour le secteur du tourisme. En espérant que les musées attireront plus de visiteurs en ces temps de crise sanitaire pour l’année 2022.

Une année qui s’annonce déjà riche en évènements et programmes culturels, avec l’avènement de nombreuses expériences immersives, expériences de plus en plus présentes en France.

Tips : dès janvier 2022, tous les détenteurs d’un pass Navigo pourront bénéficier de tarifs réduits ou de visites gratuites dans plus de 300 musées, théâtres ou cinémas.

 

Source :

https://www.la-croix.com/Culture/En-2021-reprise-mode-mineur-musees-monuments-nationaux-2022-01-05-1201193320

https://www.pariszigzag.fr/paris-au-quotidien/la-frequentation-du-musee-du-louvre-a-encore-baisse-de-70-en-2021

https://hospitality-on.com/fr/tourisme/les-musees-sont-en-mal-de-frequentation

par Julie Lagarde