Le parie de l’économie d’usage, une alternative au modèle économique classique ?

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Une nouvelle façon de produire, de vendre et de consommer pour allier la conscience environnementale et la nécessité de préserver la rentabilité des entreprises. 

Aujourd’hui, nous produisons, nous achetons, et nous jetons dans un marché déjà saturé. 

Et demain ? 

Il est indéniable de constater que notre modèle économique s’essouffle en vue du contexte climatique qu’on nous rappelle quotidiennement et de l’émergence d’une conscience environnementale forte. Ce modèle qui vise à faire du profit et du volume ne paraît plus en adéquation avec le monde dans lequel nous vivons. 

 Mais comment une marque peut survivre sans volume ni profit ? 

Repenser son modèle économique pour rester compétitif et pérenne, certaines marques l’ont compris pour aller vers un nouveau type d’économie: l’économie d’usage. Les comportements d’achat des consommateurs sont révolutionnés face à ce nouveau modèle qui émerge en parallèle du modèle classique ! 

L’idée pour ces entreprises est de contrer la crise et d’anticiper le manque de ressources naturelles en créant de la valeur. En effet ce modèle privilégie l’usage de biens en location par rapport à leur possession pour diminuer la consommation de ressources et d’énergie. L’économie d’usage s’en détourne en favorisant les ressources immatérielles à valeur servicielle. Ce principe se fonde sur la vente de l’usage d’un bien, plutôt que sur la propriété de celui-ci.

Un modèle vertueux du point de vue écologique. Le produit a ainsi une valeur fonctionnelle avant d’avoir une valeur financière. En valorisant l’immatériel, ce type d’économie met l’environnement au centre de son fonctionnement.

Si cette idée ne vous dit pas grand chose, sachez que c’est déjà le modèle économique de Netflix ou encore Spotify !

Un modèle économique en phase avec les attentes des nouvelles générations…

Payer pour un besoin précis à un moment donné au lieu de payer pour un bien qu’il faudra éventuellement changer dans un futur plus moins proche.Un service à valeur ajoutée proposé par une entreprise:

« Aujourd’hui, les individus achètent de l’expérience… pas des produits ».

Shantanu Narayen, CEO d’Adobe

Une phrase si juste qu’elle pourrait être la raison d’être de l’économie d’usage. Les nouvelles générations ne cherchent plus à accumuler des objets mais à vivre des expériences. Être propriétaire d’un bien aujourd’hui relèverait ainsi plus de la contrainte. 85% des millenials préfèrent dépenser leur argent pour vivre des expériences de vie plutôt que d’acheter une voiture ou un ordinateur.

L’économie d’usage se positionne sur le divertissement et la vie personnelle… 

On oublie l’entretien que peut demander une maison secondaire à la mer, et on se préoccupe que des activités et des loisirs de la mer, Airbnb s’occupe du reste! Un exemple de cette économie qui permet de se concentrer à 100% sur l’expérience que va produire ce bien lors de son usage grâce à la maintenance de l’entreprise durant la location. 

Dans les années 2000, Jeremy Rifkin l’avait en quelque sorte prédit avec les modèles économiques de Spotify et Deezer dans son ouvrage “l’âge de l’accès” :

 « Prenons le cas d’EMI et de Sony (…). Ils vous proposeront une carte de membre ou une souscription : vous devenez client et achetez par exemple trente jours pendant lesquels vous pouvez avoir accès à une quantité illimitée de musique et la télécharger. Vous n’achetez plus un CD, mais un droit d’accès dans le temps pour faire l’expérience d’un programme de musique ». « Je vous parie que d’ici vingt-cinq ans l’idée de propriété paraîtra complètement démodée à un nombre croissant d’entreprises et de consommateurs. » annonçait Jeremy Rifkin en 2000 dans l’interview accordée à l’Express.

Vers une économie verte et une passion pour le reconditionnement

L’entreprise reste prioritaire et optimise la durée de vie de ses produits avec le reconditionnement. Avec la production de nouveaux produits sur des marchés saturés confrontés à une obsolescence de plus en plus rapide, privilégier des produits les plus qualitatifs en investissant dans leur optimisation et leur durée de vie paraît être une solution intéressante. L’objectif pour l’entreprise n’est plus de vendre mais d’allonger au maximum le cycle de vie d’un produit pour assurer un service de qualité. Ce système présente de véritable enjeux business!

Certaines marques de l’industrie de la mode l’ont compris. Bocage, du groupe Eram, s’est lancé dans l’aventure de l’économie d’usage en septembre 2018 avec “l’atelier Bocage” résolument « customer centric** ». La marque a voulu repenser la manière de concilier les besoins de ses clientes à savoir, se faire plaisir et changer souvent de chaussures, tout en s’inscrivant dans une démarche éco-responsable et allonger le plus possible la durée de vie des articles qu’il propose. La cliente profite de sa paire pendant deux mois, puis, avant d’être remises sur un second marché, les chaussures seront reconditionnées dans un atelier de haute cordonnerie situé en France.

Retrouvez bien d’autres exemples de marques qui ont mis le pied à l’étrier ici:

L’économie d’usage : le business model qui a le vent en poupe – La Route du Digital

En route vers le reconditionné !

Marine