Interview Head of Innovation

Interview de Saad Haddi, Head of innovation chez Ad’s Up. 

Afin de répondre à mes interrogations sur l’avenir du consultant SMA et notamment  la synérgie entre l’intelligence artificielle, le tracking, et le métier de consultant, j’ai interrogé Saad Haddi, head of innovation chez ad’s up, cabinet de conseil en performance digitale.

Peux-tu m’expliquer ton métier et ton rôle dans l’agence en quelques mots ? 

Selon toi, quelles sont les grandes menaces pour un consultant SMA ? 

Il s’appelle Saad, head of innovation chez ad’s Up. Son rôle est de s’occuper des aspects innovations de l’agence. En d’autres termes, c’est d’anticiper les changements dans les outils des consultants SMA, SEA, SEO et d’imaginer des nouvelles façons de faire.L’objectif est d’impulser une nouvelle façon de voir leur métier, qui va permettre d’installer une pérennité et une réelle valeur ajoutée pour les clients.

Les menaces pour un consultant SMA ou sur d’autres leviers, ne sont pas vraiment les avancées technologiques comme l’évolution du machine learning ou des algorithmes des grandes plateformes comme Google ou Facebook. La vraie menace est la perception que le consultant se fait sur leur métier qui parfois se résume juste à faire de l’opérationnel. 

Une fois qu’il cloisonne son métier sur du pure opérationnel, dès qu’il disparaît, il n’y a plus de valeur ajoutée pour le client. Alors que si l’opérationnel est juste le fruit d’une réflexion stratégique menée auparavant avec le client, finalement il verra les évolutions technologiques d’une belle façon. Car elles lui permettront de gagner du temps et de se focaliser sur des réflexions à fortes valeurs ajoutées comme les réflexions stratégiques. 

La réflexion stratégique, c’est analyser le business modèle du client, traduire ses objectifs en actions opérationnels sur un plan social média par exemple. Ne plus faire du tik tok car c’est le dernier réseau social en mode mais plutôt choisir des plateformes qui correspondent à l’image de la marque et adapter le contenu au canal.

Saad me donne alors l’exemple suivant : “ Pour une marque X, je sais que sur facebook j’ai mes acheteurs actuels, mais sur tik tok j’ai les acheteurs de demain. Donc mon objectif n’est pas forcément de faire de la publicité pour vendre sur Tik Tok car je sais que le pouvoir d’achat sur cette cible n’est pas forcément le même que pour celui de facebook, mais tik tok sera l’occasion de faire une communication “désintéressée” qui s’adapte à une cible plus jeune. Cela me permettra d’imaginer un cycle de vie de mon audience pour les fidéliser demain et lorsqu’ils auront le pouvoir d’achat nécessaire ce seront mes clients car j’aurai créé une relation avec eux.”

Ce sont  des exemples de réflexion stratégique qui sont intéressants et qu’un consultant SMA doit avoir avec son client. Cela sort complètement de l’opérationnel et apporte une vraie valeur ajoutée. Il y a également d’autres sujets, comme la façon de piloter son budget sur toute une année par rapport à la saisonnalité, ou comment se reposer sur des outils data. 

Le point à ne pas négliger également est la créa. Une fois que l’utilisateur a été attiré via la créa, comment optimiser son expérience sur le site internet qui doit être en cohérence avec celle-ci. Par exemple s’ il a vu un univers de couleurs d’images etc.. Il doit retrouver le même univers sur la page de destination pour rester immergé dans le même contexte et fluidifier toutes les prises d’actions sur les pages de destination, pour favoriser la conversion.

Aujourd’hui un consultant SMA doit être assez polyvalent en essayant de maîtriser tous ces aspects avant, pendant et après le contact avec sa cible. Il ne doit pas les maîtriser à 100% mais être capable de gérer le projet et faire le lien entre le designer, le développeur, le tracking, pour mener à bien les campagnes des clients. 

Est-ce que à terme l’IA pourra complètement remplacer l’humain ? 

Saad m’explique qu’il est possible que ça réduise la nécessité d’avoir recours à l’humain, mais là aussi tout dépend de l’objectif d’un cabinet de conseil, s’il souhaite faire de la quantité il aura la possibilité de gérer plusieurs clients avec moins de consultants. S’il veut se focaliser sur la stratégie et la qualité du conseil qu’il donne au client, avec un service premium l’IA ne pourra jamais remplacer l’humain. 

L’IA a un champ d’action qui est limité à l’optimisation en fonction de l’historique, des performances etc.. Parfois pour décortiquer des tendances de fond qui sont en train de se créer, l’IA a besoin d’être guidée. Les objectifs de Meta et de Google sont bien entendu d’aider les annonceurs mais ils auront toujours besoin d’un garde fou entre l’annonceur et les régies publicitaires qui va se manifester par le métier de consultant. Les annonceurs ont besoin du recul du consultant, qui gère plusieurs secteurs et plusieurs entreprises différentes afin d’avoir des retours d’expériences et d’optimiser au maximum son travail. 

Conclusion :

Le métier de Saad est, entre autres, d’anticiper les changements que va subir le métier de consultant et de proposer des nouveaux outils pour assurer sa pérennité. Grâce à son expertise, il ne considère pas les nouvelles technologies comme des réelles menaces pour le métier de consultant SMA. il nous permet de soulever un point important, et si le réel danger était la perception que le consultant se fait lui-même de son propre métier ? En effet, le métier de consultant ne se limite pas uniquement à des fonctions opérationnelles, certes, le consultant doit se renouveler constamment mais certains aspects de son métier ne pourront jamais être remplacés par l’IA.

Saad ne prédit pas une extinction du métier de consultant SMA à condition que ce dernier se renouvelle et s’adapte à l’évolution des nouvelles technologies.