Aujourd’hui nous allons parler de : Patrons, n’ayez pas peur, un ouvrage de Jérôme Wallut. 

Dans un premier temps nous allons voir qui est Jérôme Wallut et dans un premier temps décrypter son message.

L’auteur est dans le secteur du digital depuis une vingtaine d’années. Il a pu assister à toutes les évolutions du digital, les crises et les moments de gloire. Cependant, Jérôme Wallut ne souhaite pas avoir l’étiquette d’expert dans le domaine. D’après lui, il n’y a pas d’experts digitaux : « la vitesse de la transition, la rapidité des évolutions rendent immédiatement obsolète toute expertise énoncée. En la matière, il n’y a que des praticiens assidus qui aiguisent leur curiosité en permanence ».

Le message de l’auteur dans son ouvrage débute par un constat simple : celui du plaisir avec lequel chacun bénéficie de l’essor du numérique. Pour cela, il faut regarder le nombre de téléchargements et la croissance du taux d’équipement en smartphone. Jérôme Wallut met en avant l’idée que les humains adhèrent à ces nouveaux usages car ils sont faciles d’utilisation, d’accès et utiles. A contrario, certaines marques et/ou entreprises sont restées en retrait du mouvement jusqu’à, dans certains cas, se faire « ubériser » par de nouveaux acteurs. 

L’enjeu de la pérennisation des entreprises est important, or pour Jérôme Wallut, l’ubérisation de la société ne devrait pas prendre autant d’important si « « les patrons s’étaient concrètement intéressés et saisis du sujet plus tôt ». Il entend donc « remettre les entreprises et leurs marques dans la course ». Pour l’auteur, il faut agir vite, la pérennité des entreprises qui rentre en jeu. 

Pour cela, le « praticien » fait une remise à niveau en précisant ce que la transformation digitale n’est pas : ce n’est pas une mode qui passera vite, ce n’est pas une révolution technologique et elle ne concerne pas uniquement les équipes de communication. 

Après avoir précisé ce qu’elle n’était pas, l’auteur dit qu’elle est « LE sujet de notre époque », elle concerne tous les métiers et tout le monde dans l’entreprise. Beaucoup de personne le comprennent et en ont conscience, mais peu de personnes savent comment s’emparer du sujet. 

De plus, « la révolution digitale est une immense conversation » : le public prend la parole et devient prescripteurs. Pour finir, elle « dessine de nouveaux modèles de création de valeur » auprès d’une grande communauté. 

Jérôme Wallut décrit, par la suite, les quatre étapes successives de la transformation depuis 1980. La première étape est lors de l’arrivée de l’informatique, des ordinateurs dans les bureaux. Enfin, internet est apparu. La deuxième étape est : la conversation. L’arrivée de l’ADSL démocratise internet, puis les chats, les moteurs de recherche, les forums de discussion. Par la suite, il observe l’apparition des blogs, réseaux sociaux qui permettent aux individus de s’échanger des vidéos, images, messages. La troisième étape développe de nouveaux usages : l’e-commerce fait son apparition et se développe, les écrans deviennt mobile grâce aux smartphones. Ces derniers sont multi-usagers, les utilisateurs peuvent prendre des photos, envoyer des SMS, jouer à des jeux, écouter de la musique, lire ses mails… Ensuite la 3G, la 4G et la 5G sont présentes. La quatrième étape progresse avec l’intelligence artificielle et la data, depuis 2013. 

Quelle est la place de l’ubérisation dans tout ça ? Pour l’auteur c’est le fait pour une entreprise de subir des nouveaux modèles de création de valeur. Cette dernière peut avoir 3 formes : 

  • L’intermédiation : des nouveaux acteurs prennent position entre l’entreprise et ses clients. En proposant d’améliorer le service par l’entreprise.
  • La création de nouveaux services à la périphérie des activités historiques de l’entreprise : on peut prendre l’exemple des plateformes de crowfunding qui on pris une part de marché que les banques n’occupaient pas. 
  • Rendre le même service qu’une entreprise déjà installée : par exemple Uber vs les taxis. 

Jérôme Wallut propose 11 astuces pour se lancer dans la transformation de l’entreprise : 

  • Développer une culture collective en parlant de la révolution en cours et de ses avancées, en commençant par le Comex.
  • Savoir écouter et piloter tous les points de vue de l’équipe de direction : « partager une vision commune des risques, des enjeux, des leviers » et fixer les objectifs opérationnels.
  • Changer les habitudes avec un « shadow Comex », c’est-à-dire un Comex parallèle composé de jeunes hauts potentiels. Ce dernier permet d’apporter une nouvelle vision et des options alternatives. 
  • Désigner le CDO (chief digital officer), le chef d’orchestre 
  • Prouver la méthode par une démonstration en adoptant une posture de strat-up et sortir un prototype que l’on peut tester.
  • Ne pas laisser de côté des collaborateurs et prendre tout le monde en compte. Cela passe par l’écoupe et l’information en continu.
  • Mettre les clients au cœur de la réflexion
  • Maîtriser la technologie en adoptant un démarche « open innovation » et imaginer les nouveaux usages 
  • Penser à la data, la révolution de demain et se soucier des sources d’approvisionnement 
  • Connaître les nouveaux services sur le marché pour trouver ses usages personnels. 
  • Faire un travail de veille pour être au courant de tout ce qui se passe. 

Jérôme Wallut conclue son livre en affirmant que s’il y avait qu’une idée à retenir dans son livre, ce serait celle-ci : « Désormais, la création de valeur est gouvernée par les usages et l’expérience avec laquelle on les vit. Le centre de gravité du pouvoir s’est définitivement déplacé »